La récente rencontre entre le roi Mswati III et l'ex-président malgache Andry Rajoelina, en visite officielle en Eswatini, a déclenché une onde de choc au sein des autorités malgaches. Ces dernières, actuellement dirigées par le colonel Michael Randrianirina, ont fait part de leur « condamnation la plus ferme » face à cet échange, soulignant la gravité de la situation due aux événements tragiques survenus à Madagascar l'année dernière.
À la suite de la visite, des responsables de l'Eswatini ont déclaré que la réaction de Madagascar était « malavisée », ajoutant que Rajoelina ne sollicitait pas de « protection ou d’intervention » de la part du royaume. Cette affirmation a été rapportée par le directeur de la communication du roi, Percy Simelane, soulignant que Rajoelina cherchait plutôt un appui en tant que vice-président de l'Organe de coopération en politique, défense et sécurité de la SADC.
Andry Rajoelina, qui a fui Madagascar en octobre 2025 après une contestation populaire, a fait sa première apparition publique dans ce cadre. Les tensions qui entourent son retour au devant de la scène politique sont exacerbées par les accusations selon lesquelles il aurait joué un rôle dans les violences de l'année dernière, qui ont fait 30 morts.
Un contexte politique tendu
Les autorités malgaches, préoccupées par la volonté de Rajoelina de retrouver une légitimité politique, estiment que cette rencontre avec le roi d’Eswatini constitue un affront à leur autorité, d'autant plus que la SADC a rappelé l'importance de respecter la voie constitutionnelle à Madagascar. Un représentant de la SADC a souligné qu'on ne peut pas évoluer vers une « loi du plus fort » lorsque l'armée, dirigée par Randrianirina, est aux commandes.
Des analyses des experts politiques locaux mettent en avant les enjeux de pouvoir en jeu, suggérant que cette rencontre pourrait redéfinir la dynamique politique régionale. Des médias tels que le Times of Eswatini rapportent que le roi a consulté des entités régionales avant cette visite, indiquant les ramifications potentielles sur la stabilité politique à Madagascar.
Alors que la SADC réclame des élections dans les deux ans, une mise en garde a été adressée aux nouvelles autorités : la coopération et le respect des droits civiques demeurent primordiaux pour apaiser la population malgache, qui reste sur le qui-vive après les événements récents.







