Marseille en émoi : un adolescent mis en cause dans le meurtre d'un chauffeur de VTC

Un procès inédit illustre l'augmentation de la violence et du narcotrafic chez les mineurs en France.
Marseille en émoi : un adolescent mis en cause dans le meurtre d'un chauffeur de VTC
©Damien MEYER, AFP - Un adolescent jugé à huis clos devant le tribunal pour enfants de Paris pour le meurtre d'un chauffeur de VTC à Marseille en octobre 2024

Le procès d'un garçon de 15 ans, accusé du meurtre d'un chauffeur de VTC en octobre 2024 à Marseille, a débuté mardi au tribunal pour enfants de Paris. Cette affaire est la première à mettre en lumière l'utilisation de jeunes recrues pour des assassinats commandités dans le cadre de la narcocriminalité organisée à Marseille.

Jugé à huis clos pour homicide volontaire en bande organisée, le jeune prévenu, dont l'identité ne peut être révélée, attend un jugement qui sera rendu jeudi. C'est la première fois que le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) intervient dans un procès, entamant ses activités en début d’année depuis Paris.

Étant mineur, l'adolescent risque jusqu'à 20 ans de réclusion, alors qu'un adulte aurait fait face à une peine de perpétuité. Comme il n'avait que 14 ans lors des faits, les juges ne peuvent ignorer son statut de mineur.

Le 4 octobre 2024, Nessim Ramdane, un chauffeur de VTC de 36 ans et père de famille, a été trouvé abattu dans son véhicule, qui avait fini sa course encastré dans un mur d'école maternelle à Marseille.

Après cette découverte, la police a reçu un appel d'un détenu se prétendant membre du gang marseillais DZ Mafia, affirmant avoir fait exécuter le meurtre d'un concurrent dans le trafic.

Ce contrat visait à venger la mort d'un adolescent de 15 ans que le gang avait enrôlé, mais le jeune assassin a malencontreusement tué un innocent. Déçu par ce tir raté, le commanditaire a ensuite balancé le tueur à la police.

Les avocates de la défense, Mes Coline Grindel et Eva Bensoussan, ont déclaré aux médias que cette tragédie était le résultat de carences familiales et institutionnelles. Avant l'audience, elles ont mis en avant l'impact psychologique du contexte de vie chaotique du prévenu.

Des sources judiciaires indiquent que, avant son arrestation, le mineur était déjà impliqué dans plusieurs affaires mineures. Ses avocates ont exprimé leurs inquiétudes face à cette escalade de violence chez les jeunes, et Me Anne Santana-Marc, représentant la famille de la victime, espère une réponse judiciaire ferme.

Recruté via Snapchat, l'adolescent a été transféré dans un hôtel à Marseille où on lui a fourni une arme et un téléphone. Il aurait également utilisé un VTC Bolt pour se rendre sur les lieux du crime. Une dispute entre le mineur et le chauffeur a conduit à l'issue tragique, lors de laquelle le jeune tueur a tiré à bout portant.

Mélanie Giacomi, la veuve de Nessim Ramdane, a partagé son désespoir, affirmant ressentir le besoin de faire face à celui qui a détruit sa famille. Les obsèques de Nessim avaient rassemblé environ 500 personnes, témoignant de l'impact de sa perte au sein de la communauté.

Cette affaire inaugure un débat sur le recours croissant aux jeunes pour des opérations criminelles, phénomène illustré par une augmentation de 18 % des affaires traitées par le tribunal pour enfants de Marseille récemment.

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