« La souffrance de Camélia ne peut rester sans réponse judiciaire ». Ces mots résonnent lourdement dans le cœur du père de l'adolescente de 17 ans, retrouvée morte en gare de Mitry-Mory en Seine-et-Marne. Suite à la décision du parquet de classer sans suite l'enquête relative au harcèlement vécu par sa fille, il envisage sérieusement de déposer une plainte avec constitution de partie civile afin de relancer l'investigation. Cette décision a été justifiée par le parquet de Meaux en raison de l'absence "d'éléments suffisants".
Le père, tout en acceptant le verdict du procureur, estime que ce classement ne peut servir de conclusion définitive à ce dossier tragique. « Le harcèlement scolaire est une violence complexe qui se nourrit du silence. Là où l'enquête de police a buté sur une impasse technique, une instruction judiciaire est indispensable pour éclaircir des zones d'ombre, notamment autour des alertes ignorées au sein du lycée », a-t-il déclaré.
Deux enquêtes judiciaires ouvertes
Dans cette affaire, deux enquêtes ont été ouvertes par la justice: l'une visant à établir les causes de la mort de Camélia et l'autre pour évaluer si le harcèlement scolaire avait joué un rôle dans son suicide. Une enquête administrative a également été ordonnée.
Lors de l’annonce du classement, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a mentionné une période de tensions entre Camélia et certains camarades de classe à la fin de l'année 2025. Mais il a aussi précisé que les témoignages recueillis n'étayaient pas l'hypothèse d'un harcèlement continu : « Les témoignages, bien que concordants, ont montré un manque de preuve pour établir que la défunte avait été victime de comportements malveillants. »
De plus, la mère de Camélia avait signalé à deux reprises l'inquiétude quant au mal-être de sa fille à l'école, alertant les professeurs et la direction. Malgré ces actions, il semble que la situation n'ait pas été suffisamment prise en charge, renforçant ainsi l'idée que des mesures réactives auraient dû être mises en place.







