Emmanuel Macron s'apprête à nommer, ce mercredi, la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à la tête de la Cour des Comptes. Cette décision, contestée par divers partis de l'opposition, soulève des inquiétudes quant aux principes de "neutralité" et d'"indépendance" de cette institution cruciale.
Les critiques ne manquent pas sur l'échiquier politique. Avant le conseil des ministres, prévu aujourd'hui, la nomination d'Amélie de Montchalin provoque un fort mécontentement parmi les parlementaires. Eric Coquerel, président insoumis de la Commission des finances, a exprimé son inquiétude, proposant sur X : "Je demande solennellement au Président de la République de reconsidérer cette nomination pour préserver la neutralité essentielle à cette institution".
Il a précisé que, sans remettre en question "les qualités de la personne", une telle nomination pourrait créer "un danger" pour la confiance du public envers la Cour des Comptes. Sur le même réseau, l'ancien député insoumis François Ruffin a ironisé sur le fait qu'une "République des copains" semble prospérer.
Eric Ciotti dénonce "un passage en force"
De l'autre bord, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National, a accusé, lors d'une intervention sur Franceinfo, un "verrouillage par les amis de la Macronie de toutes les institutions". Eric Ciotti, membre de l'UDR, a également critiqué cette nomination sur X, qualifiant cela de "passage en force". À 40 ans, Montchalin est nommée à un "poste inamovible", la limite d'âge étant fixée à 68 ans, alors que traditionnellement, les présidents sont nommés après 58 ans.
En réponse à ces critiques, Roland Lescure, ministre de l'Économie, a défendu Montchalin sur France 2, la qualifiant de "femme capable de conduire cette institution en toute indépendance". Il a qualifié les accusations de "procès déplacés", rappelant que l'ancien président de la Cour, Pierre Moscovici, avait lui aussi occupé le poste de ministre des Finances, ce qui était un "signe de compétence".







