Après la perte tragique de deux soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), Emmanuel Macron a affirmé que la France pourrait continuer son engagement dans le pays, même si la force des Nations unies venait à se retirer. Mais quelle est vraiment la mission de la Finul, et quels sont ses moyens d'action?
Ce texte est basé sur des reportages récents et témoigne des enjeux actuels au Liban.
Établie en 1978, la Finul a été créée pour prévenir une escalade du conflit lors de l'invasion israélienne du sud du Liban. Le Conseil de sécurité des Nations unies a alors décidé d’envoyer une force de maintien de la paix, qui compte aujourd'hui environ 10 000 soldats, dont plus de 700 militaires français. Bien que le mandat ait évolué, notamment après le conflit de 2006 entre Israël et le Hezbollah, les défis rencontrés par la Finul demeurent majeurs.
Le général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, rappelle que la résolution 1701, adoptée après la guerre de 2006, a renforcé le mandat de la Finul. Celle-ci est désormais chargée d'accompagner l'armée libanaise dans le processus de désarmement du Hezbollah. Cependant, cette mission est restreinte, car la Finul se limite à une force de neutralité, patrouillant et observant sans mener d'opérations offensives.
La complexité du maintien de la paix
La Finul peut toutefois recourir à la force dans certaines situations, comme en cas de légitime défense ou de menace imminente pour les civils et les installations de l'ONU. "Leur mission n'est certainement pas d'attaquer ni Israël ni le Hezbollah directement. C'est la difficulté d'une force de maintien de la paix […] qui fait face à des combats sporadiques dans une zone de guerre", souligne le général Trinquant.
Alors que la Finul pourrait voir sa mission modifiée d'ici la fin de l'année, Emmanuel Macron a rassuré le Premier ministre libanais sur l'engagement continu de la France, soulignant la volonté de Paris de contribuer à la stabilité dans la région, malgré les défis croissants.







