Les géants de la livraison, Deliveroo et Uber Eats, se trouvent au cœur d'une polémique juridique. Plusieurs associations de défense des droits des livreurs ont décidé de déposer une plainte pénale pour « traite d’êtres humains », visant particulièrement leurs pratiques commerciales jugées abusives. Cette démarche, qualifiée « d’inédite » par Me Thibault Laforcade, l’avocat des plaignants, met en lumière un modèle économique basé, selon les associations, sur l'exploitation d'une main-d'œuvre précaire composée majoritairement d'immigrés.
Réactions des géants de la livraison
D'après Le Parisien, la plainte a été déposée auprès du procureur de la République de Paris et provient de la Maison des livreurs à Bordeaux, de la Maison des coursiers à Paris, ainsi que des associations AMAL et Ciel. Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de projet à la Maison des livreurs, a déclaré : « Les témoignages collectés à travers le pays montrent que ces plateformes exploitent la vulnérabilité des livreurs pour réaligner leurs bénéfices ».
En réaction, Uber Eats a nié les accusations, faisant valoir que la plainte « n'a aucun fondement ». Pour sa part, Deliveroo a vigoureusement contesté les allégations d'exploitation de ses livreurs, affirmant que son modèle commercial ne peut être assimilé à le traite des êtres humains.
Des conditions de travail préoccupantes
En France, le nombre de livreurs gravitant autour de ces plateformes varie entre 70.000 et 100.000, avec une majorité d'entre eux nés à l'étranger. Une enquête de 2025 réalisée par Médecins du Monde (MdM) a mis en lumière que 98 % de ces livreurs sont des étrangers et 64 % se trouvent sans titre de séjour, travaillant souvent jusqu'à 63 heures par semaine pour un salaire brut mensuel d’environ 1.480 euros.
Les plaignants affirment que ces travailleurs sont piégés par leur situation économique et doivent accepter des conditions indignes. Avec le soutien de MdM, les associations ont mis en demeure Uber Eats de mettre fin aux « discriminations », menaçant de porter une action de groupe si la situation ne s'améliore pas.
« Sans réponse satisfaisante dans les 30 jours, nous engagerons des poursuites devant le tribunal judiciaire de Paris », a ajouté Me Thibault Laforcade, espérant instaurer une jurisprudence autour des droits des livreurs.







