Située dans le nord de l’Australie, Darwin est profondément marquée par l’héritage de Kalymnos, une petite île grecque. Eleni Roussos, dans un article pour ABC News, met en lumière cette histoire à travers le récit de sa propre famille. Kalymnos, avec ses 16 000 habitants et une superficie de 100 km2, est renommée pour sa pêche à l’éponge et l’escalade sur calcaire.

La communauté kalymnienne à Darwin est la plus grande au monde, un phénomène rendu possible par l’immigration massive depuis les années 1950. Comme le souligne Popi Koutouzi, vice-maire de Kalymnos, “90 % des émigrants de Kalymnos se sont installés à Darwin, prouvant ainsi l'importance de cette ville pour notre île.” Les émigrants, souvent des hommes partis à la recherche de meilleures opportunités, envoyaient des sommes considérables pour soutenir leurs familles restées au pays. “Cette aide financière est essentielle pour la survie des familles de Kalymnos,” précise-t-elle.

Au départ, les kalymniens sont venus à Darwin pour exploiter les fonds marins, notamment par la plongée perlière. Mais en raison de conditions souvent dangereuses, beaucoup ont dû changer de voie. Aujourd'hui, environ 10 % de la population de Darwin, qui est devenue un sanctuaire pour cette diaspora, revendique des racines grecques, inextricablement liées à Kalymnos.

La mémoire de cette émigration est symbolisée par une statue érigée à Darwin, représentant la grand-mère d’Eleni, réfugiée à Kalymnos suite à la chute de l’Empire ottoman. “Cette statue incarne l'expérience migratoire et l'espoir que les prochaines générations découvriront un jour les lieux de leurs ancêtres,” confie Roussos.

Aujourd'hui, la relation entre Darwin et Kalymnos est toujours d'actualité. Chaque été, des Kalymniens de deuxième et troisième générations retournent sur leur île d'origine, renforçant les liens économiques et sociaux qui perdurent. La migration ne s’est pas seulement inscrite dans l’histoire ; elle est un vecteur vivant d’influence et de prospérité.