La révolte des auteurs : 140 écrivains quittent Grasset après le licenciement d'Olivier Nora

Une vague de départs secoue Grasset après le licenciement de son patron, Olivier Nora.
La révolte des auteurs : 140 écrivains quittent Grasset après le licenciement d'Olivier Nora
Olivier Nora , ici en avril 2025, vient d'être licencié par Vincent Bolloré, provoquant la colère de 140 auteurs. Magali Cohen / Hans Lucas

INFO LE PARISIEN. En pleine tourmente, Olivier Nora, le directeur de Grasset, a été licencié par Vincent Bolloré, provoquant le départ de 140 auteurs de la maison d’édition emblématique de la rue des Saints-Pères. Ce mercredi soir, ces écrivains ont pris une décision ferme : « Nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset, » attestent-ils dans un texte en préparation.

Cette réunion de soutien s’est tenue en réponse à un licenciement jugé brutal par la communauté littéraire. Parmi les signataires figurent des figures notables telles que Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Gaël Faye et Frédéric Beigbeder, qui expriment leur solidarité avec les équipes et auteurs qui n'ont pas encore pu réagir.

Les auteurs déplorent que « les éditions Grasset étaient, et resteront, notre maison, car elle réunissait des voix diverses et parfois en désaccord. Olivier Nora était notre bouclier, garant de notre liberté d’expression. Son départ est une attaque inacceptable contre l’indépendance éditoriale. »

Pour beaucoup, la manœuvre de Vincent Bolloré semble dictatoriale. « Une fois de plus, il réaffirme, via son entourage, je fais ce que je veux, ignorant ceux qui publient, éditent et lisent nos œuvres. Nous ne serons pas des otages dans cette guerre idéologique, » poursuivent-ils.

Cette réponse collective est d'autant plus impressionnante qu'elle émane d’auteurs de différents horizons. Ils avaient annoncé leur intention de se regrouper pour faire entendre leur voix unique : sans Olivier Nora, ils quittent la maison d’édition.

Des voix influentes, comme celle de Sorj Chalandon, ont affirmé leur position à l’AFP : « Si quelque chose arrivait à Olivier Nora, je quitterais Grasset, et cela reste inchangé. » Frédéric Beigbeder, contacté pendant ses vacances, a exprimé sa tristesse et sa gratitude envers Nora, le qualifiant de « classe incarnée ». Pascal Bruckner a également dressé un constat alarmant sur France Inter : « Bolloré tue Grasset. »

« Bolloré tue Grasset »

Alain Minc, figure emblématique de la maison, a révélé qu'il ne resterait pas non plus : « Avec le départ d'Olivier, je quitte Grasset, mon éditeur depuis quarante ans. » Colombe Schneck a, pour sa part, exprimé son soutien sur Instagram, s'opposant à l'exploitation des droits de ses livres par la nouvelle direction. Une pétition en soutien à Olivier Nora devrait également voir le jour, selon Libération.

Arrivé à Grasset en 2000, Olivier Nora a construit des relations solides avec ses auteur(e)s. Cependant, la pression sur lui a augmenté depuis la prise de contrôle de Hachette par Vivendi, propriété de Bolloré. Selon un éditeur parisien, « la fin de Nora était inévitable, surtout à l'approche de 2027. »

Les conséquences de ce licenciement sont préoccupantes. Les observateurs se demandent : « Qui sera le prochain ? » Nora, homme d’honneur, a choisi de défendre son équipe jusqu’au bout. Bien que son départ soit confirmé, beaucoup estiment qu’il rebondira rapidement dans une nouvelle aventure éditoriale.

Des spéculations sur son avenir vont bon train. Pourrait-il intégrer des maisons comme Albin Michel ou Gallimard ? Les discussions autour de la création d’une nouvelle maison d’édition avec ses auteurs sont également sur la table, mais cela demande du courage et une vision claire au sein du paysage littéraire français.

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