Une décision tant attendue ! À Washington, un jury civil fédéral a statué récemment que Live Nation, la maison mère de Ticketmaster, avait établi un monopole illégal dans l’univers de la billetterie. Ce jugement ouvre la voie à de nouvelles étapes judiciaires, le juge Arun Subramanian devant maintenant déterminer les sanctions adéquates. Celles-ci pourraient inclure des mesures drastiques comme la cession de salles de concerts ou même une possible vente de Ticketmaster, dans le but de restaurer la concurrence.
« Depuis trop longtemps, Live Nation et Ticketmaster exploitent les fans et les artistes en augmentant les prix des billets, étouffant ainsi toute concurrence qui pourrait menacer leur position », a déclaré Letitia James, procureure générale de New York, dans un communiqué.
Live Nation pourrait faire appel
Le jury a établi que Ticketmaster avait abusé de sa position dominante en procédant à une surfacturation moyenne de 1,72 dollar par billet entre mai 2020 et 2024. La détermination des dommages-intérêts sera annoncée par le juge, avec la possibilité de tripler cette somme. Dans une déclaration, Live Nation a indiqué que plusieurs motions demeurent à examiner par le juge, les faisant reporters après le verdict, et a précisé qu’il compte faire appel d'une éventuelle « décision défavorable ».
Live Nation conteste également le montant de la surfacturation de 1,72 dollar, précisant que cela ne concerne que 257 salles, représentant 20 % des billets, et uniquement les ventes à des particuliers dans certains États durant les cinq dernières années. Il est à noter que Live Nation a acquis Ticketmaster en 2010 avec l’approbation du ministère de la Justice, qui imposait certaines conditions. Cependant, les critiques d’abus de position dominante se sont intensifiées, notamment suite au chaos observé lors de la vente des billets pour la tournée de Taylor Swift en 2022, un épisode largement couvert par les médias.
Un soutien transpartisan
Le procès, soutenu par le gouvernement fédéral ainsi que 39 États et le District de Columbia, a débuté en mars à New York avant d’être temporairement suspendu suite à un accord amiable, rejeté par plus de trente États. Ce dernier stipulait un versement de 280 millions de dollars et la cession de treize salles, mesure jugée insuffisante par plusieurs États.
« Face à un contexte où l’application des lois antitrust avait faibli sous l’administration Trump, ce verdict démontre jusqu’où peuvent aller les États pour protéger nos citoyens des grandes entreprises qui usent de leur influence pour majorer illégalement les prix », a affirmé le procureur général de Californie, Rob Bonta, en saluant une mobilisation transpartisane. Il a qualifié ce verdict d’« historique », soulignant son importance pour l’avenir de la régulation anti-monopole aux États-Unis.







