Le ministère de la Défense des États-Unis a engagé des pourparlers avec les géants Ford et General Motors pour explorer la possibilité d'accroître leur participation à l'effort de production militaire, en particulier dans le domaine des drones et des munitions, comme l'a rapporté le Wall Street Journal.
Depuis plusieurs mois, des hauts fonctionnaires du Pentagone se rencontrent avec les dirigeants de ces entreprises pour évaluer comment elles pourraient transformer leurs lignes de production et engager leurs employés dans la fabrication d'équipements militaires vitaux. Cette initiative fait suite à une pression croissante sur les capacités militaires américaines, exacerbée par les conflits en Ukraine et en Iran qui ont intensément sollicité les ressources en stocks.
Bien que ces échanges restent préliminaires, ils répondent à un besoin pressant d'augmenter la cadence de production. Washington envisage de mobiliser des industriels non conventionnels pour diversifier et renforcer ses capacités militaires. "Nous devons envisager une approche de guerre", a souligné Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, dans le cadre de ce projet.
Le Pentagone demande une rallonge budgétaire
Évoquant une mise en condition similaire à une économie de guerre, le Pentagone a récemment sollicités des fonds supplémentaires qui pourraient porter le budget de la Défense à un montant record de 1 500 milliards de dollars. Cette somme serait destinée à accroître les investissements en drones et munitions.
Cependant, les entreprises concernées comme Oshkosh ou GE Aerospace ne commencent pas de zéro ; elles collaborent déjà sporadiquement avec le département de la Défense. Reste à voir si elles pourront s'adapter et passer à une production à grande échelle rapidement, ainsi que sous quelles conditions.
Un rappel de la 2e guerre mondiale
Les autorités américaines ont demandé aux industriels de faire remonter d’éventuels obstacles au changement de production, telles que les contraintes contractuelles ou les complexités inhérentes aux commandes militaires. La volonté est claire : lever ces freins pour faciliter une conversion partielle de l'industrie civile pour des applications militaires.
Ce type de changement d'exploitation n'est pas inédit dans l'histoire des États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines automobiles de Detroit avaient abandonné la production de voitures pour se concentrer sur la fabrication de bombardiers, de moteurs d'avion et de véhicules militaires. Une analogie que certains responsables politiques n’hésitent pas à faire aujourd'hui.







