La récente décision de supprimer les zones à faibles émissions (ZFE) fait l'objet de vives préoccupations au sein de la communauté écologiste. Karima Delli, ancienne eurodéputée et actuelle présidente de l'association Respire, dénonce cette mesure comme un grave recul face à l'urgence climatique et aux risques sanitaires qui en découlent.
Un choix déplorable
Lors d'un entretien accordé à La Dépêche du Midi, Karima Delli a qualifié cette suppression de "recul sanitaire sans précédent". Selon elle, les ZFE sont issues d'une volonté citoyenne forte, émanant de la Convention citoyenne, et non d'une décision technocratique. "Abandonner cette initiative, c'est céder aux populistes et ignorer les preuves de son efficacité dans la lutte contre la pollution", a-t-elle déclaré.
Une question de santé publique
Delli met en avant des résultats concrets obtenus dans des villes comme Paris, où une diminution significative des oxydes d'azote, du dioxyde de carbone et des particules fines a été observée grâce aux ZFE. "Pourquoi détruire un outil qui fonctionne?" s'interroge-t-elle. "Supprimer la règle ne fait pas disparaître la pollution, elle perdurera, tout comme ses conséquences sur la santé des plus vulnérables, notamment les enfants. Chaque année, environ 11 000 jeunes enfants sont hospitalisés pour asthme, souvent causé par la pollution routière."
Répondre aux critiques
Face à certaines critiques concernant l'injustice sociale des ZFE, Delli insiste sur le fait que ces zones sont conçues pour protéger les plus touchés par la pollution, notamment les populations à faibles revenus. "Il existe des aides pour faciliter la transition, comme le leasing social et des investissements dans les transports publics. Ignorer cela, c'est nier que notre but ultime est de protéger la santé de tous, surtout des plus exposés."
Un appel à l’action
Karima Delli conclut en appelant les députés à saisir le Conseil constitutionnel pour contester cette décision, qu'elle considère comme un "cavalier législatif" inacceptable. Elle affirme que le combat pour la réintroduction des ZFE ne fait que commencer et que la santé doit demeurer une priorité essentielle.







