Marine Le Pen aura-t-elle l’opportunité de se présenter à l'élection présidentielle pour une quatrième fois ? La question demeure ouverte alors que la cour d’appel doit rendre sa décision d’ici la fin du printemps ou au début de l’été. En attendant, la succession à la tête du Rassemblement national pourrait ne pas se résoudre aussi facilement que prévu, avertit Stéphane Vernay, rédacteur en chef délégué et analyste des affaires politiques.
Le procès en appel des assistants parlementaires du Front national, dont Marine Le Pen est l'une des figures majeures, arrive à son terme. La dernière audience s'est tenue le 11 février. Toutefois, le dénouement de cette affaire ne sera connu qu’au début de l’été, laissant planer un voile d’incertitude sur la capacité de Le Pen à briguer la présidence de la République.
L’ancienne dirigeante du Rassemblement national est d’ores et déjà désignée comme candidate de son parti pour 2027, mais le climat judiciaire autour d'elle soulève des doutes. Les accusations qui pèsent sur elle, ainsi que le ton des débats en appel, suggèrent peu de chances de relaxe. Une éventuelle condamnation pourrait entraîner une interdiction de se présenter aux élections, un scénario que beaucoup craignent.
La législation prévoit des peines allant jusqu’à dix ans d’inéligibilité. En première instance, les juges avaient fixé la peine à cinq ans, tandis que le parquet a maintenu cette demande en appel. Si cette décision est confirmée, Le Pen pourrait se voir contrainte de renoncer à sa candidature en 2027. Dans une interview accordée à Ouest-France, elle avait déclaré : « Si la cour de cassation devait rendre une décision trop proche du scrutin, la campagne du Rassemblement national ne pourrait pas se dérouler dans de bonnes conditions. Je ne sacrifierai pas le sort du pays au mien. »
Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a déclaré qu’un pourvoi serait examiné et tranché au plus tard début d’année prochaine, « donc quelques semaines avant l’élection présidentielle ». Cela pourrait trop tarder pour permettre à sa campagne de se dérouler sereinement.
Petite musique du doute
Pour le Rassemblement national, ce rendez-vous avec l’histoire doit être préparé minutieusement : il faut désigner un mandataire, engager des dépenses, récolter des fonds et dénicher les 500 signatures requises. La loi autorise cela dès juillet. Toutefois, campagne et parrainages sont deux choses distinctes. Si Le Pen devait être empêchée dès janvier, les conséquences seraient lourdes.
Cette éventualité a poussé Marine Le Pen à envisager un plan de succession, désignant Jordan Bardella. À seulement 30 ans, ce jeune leader est perçu comme un choix évident par les sondages. Son entourage, en dépit de différends internes, espère qu'il sera le prochain à porter le flambeau. Ils prient pour qu’un « miracle » sauve leur patronne de la tourmente actuelle.
Alors que son avenir demeure temporairement suspendu à la décision de la justice en juin, la tension et l’incertitude grandissent. La question de sa succession pourrait également s'ouvrir, car toutes les transitions ne s’opèrent pas sans heurts. Les prochains mois seront ainsi cruciaux pour le futur du Rassemblement national.







