Alors que le Medef propose un "CDI jeunes" offrant un salaire en dessous du Smic et une période d'essai allongée à trois ans, la pertinence du contrat à durée indéterminée (CDI) est remise en question dans le contexte actuel. La récente étude de l'Unédic met en lumière l'évolution des contrats courts en Europe et en France, alors que les partenaires sociaux ont ouvert une négociation sur ce sujet crucial depuis le 28 janvier dernier.
Cette étude arrive à un moment où le CDI n'est plus considéré comme le référentiel unique des discussions sur l'emploi. Bien que le CDI demeure la norme, il est devenu évident que les dynamiques de travail ont changé, avec l'émergence des contrats à durée déterminée (CDD) et des formes d'emploi atypiques. Ce phénomène n’est pas uniquement français, mais témoigne d'une tendance observée au sein de nombreux États européens depuis plusieurs décennies.
L'Unédic s'appuie sur la directive de l'Union européenne de 1999 qui vise à établir un équilibre entre flexibilité et sécurité au travail, tout en maintenant le CDI comme la référence principale. Pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2024, 22,1 millions de personnes au sein de l'Union européenne occuperont un emploi temporaire, représentant 11 % des travailleurs. Pour les jeunes de 15 à 24 ans, ce chiffre atteint près d'un salarié sur deux avec des contrats à durée limitée.
La France, un cas particulièrement sensible
Dans un cadre français particulièrement sensible à cette question, la durée de l'emploi est devenue un sujet de débat public majeur. Néanmoins, des pays avec un recours modéré aux contrats courts ne connaissent pas nécessairement une stabilisation de leurs parcours professionnels. L’étude met également en lumière des formes alternatives de flexibilité, comme les minijobs en Allemagne, le travail sur appel aux Pays-Bas, ou encore les contrats zéro heure au Royaume-Uni, qui engendrent les mêmes effets d'instabilité.
Pour répondre à cette situation, les autorités publiques ont introduit divers leviers au cours des quinze dernières années. Le durcissement des règles relatives aux contrats temporaires et l'augmentation de leurs coûts pour les employeurs, via des cotisations spécifiques, sont des stratégies notables. Ces initiatives se déroulent cependant dans un contexte paradoxal, marqué par un assouplissement progressif des protections attachées aux emplois permanents, illustrant les tensions entre la sécurisation des parcours professionnels et les exigences de flexibilité.







