La décision du président de la République de nommer Amélie de Montchalin, une figure emblématique de son entourage, à la présidence de la Cour des comptes soulève des interrogations. Beaucoup perçoivent cela comme une manœuvre visant à verrouiller le fonctionnement des institutions à l'approche de l'élection présidentielle.
Le 11 janvier 2026, Montchalin, ministre des Comptes publics, se trouve à la manœuvre pour faire adopter un budget. « Nous devons construire des compromis », déclare-t-elle en appelant tous les partis à se réunir à Bercy. Émergente après une parenthèse politique, sa nomination s'inscrit dans un contexte où le gouvernement lutte pour maintenir sa cohésion où l'opposition est fébrile.
Sélectionnée après une victoire politique significative à la suite de l’arrivée de François Bayrou à Matignon, son retour est emblématique de l'approche macroniste qui favorise la résilience et la fidélité par-dessus tout. Cette nomination, qui a récemment suscité des critiques, est vue comme une stratégie calculée, garantissant que ses proches gardent un poids considérable dans la sphère publique.
Pour un expert politique, le choix de Montchalin à la tête de la Cour, précédemment dirigée par un proche du PS, rompt avec la tradition de neutralité. « C’est une étape vers un contrôle accru des institutions par l’exécutif », souligne-t-il, interpellant sur l'indépendance essentielle de la Cour des comptes, particulièrement à un moment où la transparence financière est cruciale.
Le climat est tendu. Un député de l'opposition fait le commentaire ironique : « J'ai hâte de voir comment Montchalin va gérer les conséquences de son propre budget ». Ces mots illustrent bien la méfiance qui entoure cette nomination. Historiquement, les présidents de la Cour des comptes étaient souvent issus de l'opposition pour garantir leur impartialité.
Les critiques touchent également le choix stratégique des personnalités choisies dans les instances publiques. Des fonctionnaires au sein de cette institution se montrent dubitatifs alors que Montchalin, surnommée « la dame de la compta » par Macron, se prépare à administrer un budget qu'elle a elle-même conçu. Un magistrat, inquiet, enchaîne : « Cela pourrait empêcher les prochaines administrations de nommer leurs propres responsables ». Les enjeux se révèlent donc complexes alors que la France se dirige vers des élections clés.
Cette nomination illustre un changement de paradigme où les relations politiques personnalisées deviennent prépondérantes. À travers Amélie de Montchalin, Emmanuel Macron semble mettre en place un véritable verrou institutionnel, assurant que ses alliés conservent le contrôle durant les transitions de pouvoir futures.







