La recent décision du tribunal de Bordeaux, datée du 6 janvier, a suscité l'inquiétude dans le secteur. Selon ce jugement, la rue de la plage, située au Cap Ferret, est désormais attribuée aux propriétaires des restaurants Le Pinasse Café et L’Escale, avec une servitude de passage de cinq mètres pour le public. Cette attribution n’a pas encore été contestée, ni par l’État ni par les restaurateurs concernés.
À l'heure actuelle, plusieurs associations militent pour que l'État fasse appel de ce jugement, voyant en cette situation une menace pour l'accès public à cette voie emblématique. Philippe de Gonneville, le maire de Lège-Cap-Ferret, avait précédemment laissé le soin à la justice de trancher sur cette question épineuse.
Une rue au cœur des débats
La rue de la plage, qui s'étend entre le bassin d'Arcachon et les établissements cités, a été au centre de nombreuses discussions. Jean-François Tastet, gérant des établissements, avait exprimé son désir de faire appel de cette décision, pas encore confirmée en raison d'une tentative infructueuse de prise de contact.
Guillaume Achou-Lepage, l'avocat de l’État, n’a pour l’instant fait aucune déclaration quant à la possibilité d’un appel. En revanche, il semblerait que la Ville ne suive pas cette voie. Philippe de Gonneville a en effet exprimé une satisfaction concernant le jugement, qui selon lui, clarifie le statut de la rue.
« Les habitants se questionnent sur un accès historique maintenant limité. »
Des voix s'élèvent. José Maria de Héréda, représentant de l'association Cœur de Ferret, déplore que cette rue, libre d'accès depuis des décennies, soit maintenant réduite, mettant en avant les contradictions entre l’entretien municipal et la décision judiciaire. L'interrogation est de savoir si des fonds publics ont été investis pour créer un accès menant désormais à un espace privatisé.
Jean-Michel Bruno, président de l'association de sauvegarde de la Presqu'île, pousse également à ce que l'État intervienne. Récemment, il a écrit un courrier à cet effet, soutenant que de nombreux éléments ont été négligés dans le dossier judiciaire, comme la servitude de 1921, et remettant en question les conclusions de la cour.
Des solutions à envisager
Les experts et associations, notamment le Comité de défense et protection de la presqu'île de Lège-Cap-Ferret (Codeppi), préconisent un appel pour restaurer l'accès public à la rue. Patrick Du Fau de Lamothe commente qu'il semble incohérent de considérer une zone non cadastrée comme propriété privée. Les documents historiques corroborent que cette voie a toujours été publique, avec des surfaces clairement identifiables dans les actes notariés.
La tension est palpable alors que les partis prenants tentent de trouver un terrain d'entente. La préoccupation de ne pas pouvoir maintenir des terrasses en raison de la servitude de passage de cinq mètres demeure, ce qui pourrait entraîner une perte économique significative pour les restaurateurs.







