Paris (France) – Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fait part de son choc et de son indignation au sujet des allégations pesant sur Fabrice Aidan, un diplomate français dont le nom apparaît dans le cadre de l'affaire Epstein.
Lors d'une intervention sur RTL, Barrot a déclaré : "Lorsque j'ai pris connaissance de ces faits, j'ai été profondément troublé. J'ai agi en conformité avec ce qu'on attend de moi, en alertant la justice et en ordonnant une enquête administrative ainsi qu'une procédure disciplinaire." Il a précisé avoir découvert ces informations seulement récemment, ce qui l'a particulièrement marque.
Les accusations sont sévères et prennent une grande ampleur. "Ce sont des faits d'une gravité indiscutable", a-t-il ajouté. Néanmoins, il a insisté pour dissocier cette affaire des autres agents du ministère des Affaires étrangères, tout en n’excluant pas la possibilité que d'autres diplomates puissent être concernés.
Actuellement, Fabrice Aidan est en disponibilité pour convenances personnelles et a été suspendu de son poste à Engie suite aux révélations. Il a maintenu une correspondance approfondie avec Jeffrey Epstein, le condamné sexuel décédé, comme en témoignent de nombreux e-mails échangés sur plusieurs années.
Selon des enquêtes menées par Mediapart et Radio France, Aidan aurait facilité à Epstein l'accès à des informations diplomatiques et à des contacts internationaux. Les premières interactions entre les deux remontent à 2010, période durant laquelle Aidan représentait la France aux Nations unies.
Jean-Noël Barrot a souligné que la publication de ces fichiers soulève de graves interrogations non seulement sur des comportements individuels, mais aussi sur des influences potentielles sur les dynamiques politiques en Europe, y compris en France.
"Ces documents devraient être traités dans un cadre judiciaire plutôt que sur des réseaux sociaux", a rappelé barrot.
Il est intéressant de noter que l'ONU avait déjà été alertée en 2013 par le FBI concernant une enquête pouvant impliquer Aidan, mais aucune charge n'avait été retenue à l'époque, ce qui avait évité les sanctions, comme l'a précisé une source du Quai d'Orsay à Mediapart.
Cette affaire, aux implications potentiellement vastes, continue de se développer, incitant à des réflexions sur l'intégrité et la responsabilité dans le secteur diplomatique.







