Paris (France) – La Cour de cassation s'apprête à rendre un jugement crucial sur la possibilité de relancer l'enquête sur la mort d'Adama Traoré, un événement tragique devenu emblématique des préoccupations entourant les violences policières et le racisme en France. Près de dix ans après le décès d'Adama Traoré, décédé dans une gendarmerie du Val-d'Oise, sa famille tente de faire annuler le non-lieu prononcé en faveur des gendarmes, tant en août 2023 qu'en appel au mois de mai 2024.
Le comité "Vérité pour Adama" a organisé une mobilisation ce mercredi à 14H00 devant la Cour de cassation, rassemblant des soutiens et activistes pour ce délibéré très attendu. "Nous exigeons toujours la mise en examen des gendarmes et la tenue d'un procès", a déclaré Assa Traoré, la sœur d'Adama, sur les réseaux sociaux.
Histoire tragique et controversée
Le parquet général a recommandé le rejet du pourvoi, ce qui pourrait confirmer le non-lieu et mettre fin à près d'une décennie de procédures. Ce non-lieu a été décidé dans le cadre d'une interpellation qui s'est soldée par la mort d'Adama Traoré le 19 juillet 2016, après une course-poursuite sous une chaleur écrasante.
Le jeune homme de 24 ans avait été arrêté dans le cadre d'une opération visant son frère Bagui, mais il est décédé quelques heures plus tard dans la caserne voisine.
Les conclusions de l’enquête ont déterminé qu'Adama Traoré était mort d'un "coup de chaleur", mais les circonstances entourant cette interpellation ont suscité de vives critiques en raison de l'absence de témoins et de l'usage de force par les gendarmes.
Appel à la reconstitution
Les proches d'Adama Traoré affirment que la justice n’a jamais réalisé de reconstitution, malgré leurs insistances. Ils soutiennent que les actions des gendarmes ont contribué à sa mort, et qu'ils auraient dû fournir une assistance immédiate au jeune homme lorsqu'il a perdu connaissance dans leur véhicule.
Une décision favorable de la Cour de cassation pourrait non seulement annuler le non-lieu, mais également relancer une enquête qui a été perçue comme incomplète. "Une reconstitution permettrait d'associer les expertises aux faits réels", a déclaré Paul Mathonnet, l'un des avocats représentant la famille Traoré.
Les défenseurs d'Adama Traoré affirment avoir fait face à une procédure déséquilibrée, où de nombreux actes n'ont été réalisés que sur demande des parties civiles. "Sans reconstitution, nous risquons de ne jamais obtenir une véritable compréhension des événements", a ajouté Me Mathonnet.
Alors que la tension monte autour de ce dossier, qui soulève des questions essentielles sur la responsabilité et la transparence au sein des forces de l'ordre, la décision de la Cour est attendue avec impatience, tant par la famille Traoré que par les défenseurs des droits de l'homme à travers la France.







