Paris (France) – Dans un rapport alarmant, l'Inserm souligne la nécessité d'une approche novatrice pour lutter contre la consommation croissante de cocaïne et de crack en France. Pénaliser les trafiquants plutôt que les consommateurs et favoriser des initiatives telles que les 'salles de shoot' pourraient être des solutions viables.
Clotilde Champeyrache, chercheuse au sein de l'Inserm, a déclaré que la consommation de cocaïne est devenue une 'crise sanitaire, sécuritaire et sociale'. Ce rapport, commandé par le gouvernement français, s'appuie sur une analyse exhaustive de la littérature scientifique disponible sur le sujet.
Un chiffre clé révèle l'ampleur de ce phénomène : un adulte français sur dix a consommé de la cocaïne en 2023, contre un sur cinquante il y a vingt ans. Cette hausse est largement due à la baisse des prix de la cocaïne, rendant la drogue plus accessible à divers segments de la population.
Le rapport met également en lumière une augmentation de la consommation de crack, traditionnellement associé aux milieux précaires, mais de plus en plus fréquent chez des individus mieux ancrés dans la société. Les autorités sanitaires rappellent cependant que les dangers liés à l'usage de ces substances restent préoccupants, incluant troubles mentaux et risques d'infection.
Malgré les efforts français axés sur la répression, l'Inserm pointe du doigt leurs limites, révélant que les politiques actuelles 'stigmatisent' les consommateurs. Le rapport appelle à une meilleure prise en compte des dimensions sociales et sanitaires dans les lois anti-drogues, actuellement insuffisantes.
Si l'Inserm ne se prononce pas directement sur les décisions politiques à prendre, ses constatations semblent indiquer une incohérence avec les politiques de répression pratiquées dans l'Hexagone. Les chercheurs Insistent sur l'importance d'un 'recentrage de l’effort répressif sur les trafiquants', en écho à des modèles de déstigmatisation observés dans des pays comme le Portugal.
Parallèlement, il est proposé d'implémenter des stratégies de réduction des risques, qui visent à mieux soutenir les usagers tout en minimisant les risques sanitaires. Les 'Haltes soins addictions', ou salles de shoot, illustrent bien ce concept. Malheureusement, leur développement reste entravé par des réticences locales, et jusqu'à présent, seules deux salles à Paris et Strasbourg fonctionnent.
Le rapport insiste sur l'efficacité de cette approche, soulignant que la 'répression pure' n'apporte pas les résultats escomptés. Yasser Khazaal, psychiatre renonçant à l’hôpital de Lausanne et co-auteur de l'étude, ajoute que ces structures permettent aux consommateurs de réduire les risques infectieux tout en fournissant un espace d'écoute et de soutien.







