À Davos, Donald Trump a abordé le sujet du Groenland, clamant qu'il ne recourrait pas à la force pour le contrôler, mais qu'il souhaitait entamer des négociations immédiates avec le Danemark. Cette déclaration, présentée comme une clarification d'un malentendu, a suscité des inquiétudes au sein de la communauté européenne.
Des négociations en perspective
Lors de son intervention, le président américain a insisté sur le besoin d'une ouverture de négociations avec Copenhague, affirmant qu'aucune nation ne pouvait garantir la sécurité du Groenland sans l'implication des États-Unis. Cette propension à relier la sécurité mondiale à la domination américaine est récurrente, surtout avec la montée en puissance des forces russes et chinoises en Arctique.
« Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde », a-t-il déclaré, illustrant ainsi une mentalité de puissance qui a frappé les esprits à Davos. Toutefois, des experts mettent en garde contre une telle rhétorique, suggérant qu'elle pourrait exacerber les tensions internationales.
Une menace implicite envers le Danemark
Le ton s'est alors durci, Trump lançant aux Danois un ultimatum : « Ils ont le choix : dire oui ou dire non, et nous nous en souviendrons ». Ce propos traduit clairement une dynamique où la coopération est conditionnée par la reconnaissance de l'influence américaine, ce qui a heurté les traditions diplomatiques.
En s'attaquant à d'autres alliés historiques, Trump a aussi fait des remarques acerbes à l’encontre du Canada, affirmant que ce pays doit sa prospérité aux États-Unis, une affirmation qui a provoqué un tollé dans les cercles canadiens.
Échos en Europe
La France n'est pas en reste, avec Trump moquant les avertissements d'Emmanuel Macron sur les ambitions américaines de domination en Europe. Cette moquerie met en exergue le déclin du dialogue transatlantique, tandis que la situation au Groenland soulève des craintes sur la souveraineté territoriale.
Un sondage de janvier 2025 révèle que 85% des Groenlandais rejetteraient toute tentative d'annexion par les États-Unis, tandis que le gouvernement local exhorte sa population à se préparer à d'éventuelles tensions. Jens-Frederik Nielsen, Premier ministre groenlandais, a jugé « improbable » une intervention militaire, tout en appelant à rester vigilant face aux incertitudes politiques soulevées par Trump.
Une opinion publique en désaccord
En France, les résultats d'un sondage Elabe montrent que près de 70% des Français souhaitent une opposition ferme à toute approche américaine concernant le Groenland, et plus de 60% soutiennent l’idée d’un envoi de troupes françaises pour protéger les intérêts danois. Cette méfiance croissante vis-à-vis des États-Unis reflète une vision de l'Amérique non plus comme un allié, mais comme un rival potentiel.
En conclusion, lors de cet événement à Davos, Trump n’a ni atténué ni apaisé les tensions autour du Groenland. Sa stratégie de pression diplomatique tout en éliminant l'option militaire pourrait prolonger l'incertitude sur la scène internationale, renforçant ainsi les appréhensions européennes et peignant le portrait d'un président prêt à remodeler les relations internationales selon ses propres intérêts.







