En à peine 48 heures, une trentaine d'hommes ont répondu à une fausse annonce proposant des rapports sexuels avec une femme endormie. Les parallèles avec l'affaire des violences à Mazan sont frappants : les répondants, âgés de 26 à 64 ans, sont de tous horizons.
Un an après le procès des viols de Mazan, cette nouvelle enquête de RTL soulève des questions cruciales. Se faisant passer pour Mathieu, un homme de 63 ans, la rédaction a publié des annonces sur plusieurs sites libertins. Celles-ci décrivaient une situation où une femme, Christelle, 50 ans, serait filmée en train de s'endormir, accompagnée d'une image générée par intelligence artificielle.
La première annonce mentionne un "jeu d'endormissement", tandis qu'une autre évoque explicitement un couple cherchant à "voir un homme coucher avec elle pendant qu'elle dort". À peine moins de deux jours après leur publication, une trentaine d'hommes avaient contacté RTL.
"C'est vous qui décidez"
Bien que la majorité des répondants gardaient l'anonymat, les few qui se sont identifiés révèlent une inquiétante normalisation de tels fantasmes. Parmi eux, des hommes de 26 à 64 ans, dont certains expliquent leurs professions, comme un pompier ou un responsable de boutique. L’un d’eux même suggère de fixer un rendez-vous lors de ses déplacements à Paris.
Dans des échanges téléphoniques, un homme confirme les attentes : "Oui, c'est clair. C'est vous qui décidez. C'est un fantasme." Lorsqu'on lui rappelle que la femme serait endormie, sa réponse est simple : "Oui, ça marche". Il assure que cela ne le dérange pas, qualifiant même la situation d'"idéale".
Un phénomène révélateur
Contacté par RTL, Arnaud Gallais, porte-parole de l'association M'endors pas, une organisation qui lutte contre la soumission chimique, a exprimé sa consternation mais aussi son absence de surprise face à ces résultats. Il a souligné que des réponses aussi nombreuses en si peu de temps sont révélatrices d'un problème sociétal : "Cela montre le rapport que nous avons avec le corps des femmes dans notre société." Cette enquête met en lumière l'urgence d'initier des discussions sur le consentement et le respect des limites personnelles.







