Un épisode tragique vient d’éclater à Lyon, où Quentin Deranque, jeune militant identitaire, a été tué dans un lynchage attribué à des groupes d'extrême gauche. Ce drame met en lumière une fracture grandissante au sein de la gauche française, exacerbée par des événements récents liés au conflit israélo-palestinien, comme les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, et les discussions entre le Parti Socialiste et le gouvernement sur le budget de 2026.
Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de La France Insoumise (LFI), a fermement rejeté tout lien entre son mouvement et cette tragédie, tout en défendant son député Raphaël Arnault, dont un collaborateur fait face à des accusations de complicité de meurtre. Ce positionnement, cependant, est très contesté, 56% des Français désapprobant son attitude selon un sondage Odoxa – Backbone pour Le Figaro.
Le fossé se creuse
Des leaders sociaux-démocrates, tels que l'ancien Président François Hollande et l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, appellent à un désengagement total avec LFI, soulignant les conséquences potentielles d'une alliance sur l'avenir des élections municipales. Jean-Daniel Lévy de Harris Interactive souligne que le manque de soutien de LFI pourrait nuire à la gauche dans des villes clé comme Paris et Marseille.
Une rhétorique inversée
Du côté du Rassemblement National (RN), Jordan Bardella s’empare de cette opportunité pour redorer l'image de son parti, souvent critiqué pour ses liens avec des comportements violents. Devant les médias, il a plaidé pour un cordon sanitaire autour de LFI, condamnant toutes les formes de violence, et laissant entendre qu'il irait jusqu'à dissoudre des organisations d'ultragauche et d'ultradroite si cela lui était possible.
Les autorités françaises ont décidé de ne pas interdire la marche prévue en hommage à Quentin Deranque, tout en promettant des mesures de sécurité. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait part de ses préoccupations face à un potentiel afflux de militants nationalistes violents, une crainte également partagée par le maire de Lyon, Grégory Doucet.
Une stratégie de normalisation
Les critiques à l’encontre des insoumis profitent au RN, qui réussit à détourner l'attention de ses propres antécédents concernant la violence. Comme le souligne Luc Rouban, le RN bénéficie d'une image moins controversée que LFI. Marine Le Pen et Jordan Bardella sont de plus en plus perçus comme des figures favorables dans l'opinion publique, contrairement à Mélenchon.
Avec les élections présidentielles qui approchent, le RN semble se diriger vers une normalisation, élargissant son électorat au-delà de ses bases habituelles, tout en maintenant une vigilance face aux interactions politiques du futur, comme le note Jean-Daniel Lévy.







