Alors que l'inauguration du nouveau Centre de rétention administrative (CRA) à Mérignac approche, la Cimade de Bordeaux a pris une décision forte : elle cessera d'y intervenir. "Historiquement, nous avons toujours été présents dans les CRA", souligne Marine Giorgis, intervenante juridique en rétention. Cependant, elle précise : "Suite au plan Darmanin qui prévoit une multiplication des places, nous ne souhaitons pas participer à ce système. Notre objectif est la fermeture des CRA, et une telle ouverture semble contredire nos valeurs."
La Cimade met en avant une politique claire. Selon elle, les nouveaux CRA sont surcarcéralisés, et les personnes retenues perdent toute liberté de mouvement au sein de ces établissements. Pour cette raison, l'association juge impossible de garantir l'exercice des droits des retenus dans des conditions qu'elle considère comme optimales pour un soutien réel. Elle choisit ainsi de ne pas répondre à l'appel d'offres lancé par le ministère de l'Intérieur, qui stipule que le CRA de Bordeaux, actuellement situé au sous-sol du commissariat de police de Mériadeck, transfèrera ses retenus à Mérignac en octobre.
Cette décision a des conséquences directes, notamment le licenciement économique des deux employés de la Cimade travaillant sur ce dossier. Pourtant, marine Giorgis rappelle que l'association continuera son engagement à travers une trentaine de bénévoles qui poursuivront leurs actions pour les droits des personnes sans-papiers dans la région bordelaise. "Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas dans le CRA que nous ne pouvons pas dénoncer les pratiques de rétention", affirme-t-elle.
La question de l'"abandon" des retenus a également été soulevée. Marine Giorgis répond : "Non, une autre association sera d'abord désignée pour assurer cette mission. Des candidats tels que Forum Réfugiés, France Terre d'Asile et SOS Solidarité ont manifesté leur intérêt pour ce marché public, dont la subvention de fonctionnement s'élève à 420 000 euros par an. Seule SOS Solidarité a confirmé sa candidature jusqu'à présent". Cette dynamique croissante autour des droits des étrangers souligne les défis persistants rencontrés dans le système de rétention en France, un sujet qui mérite une attention accrue.







