L'autopsie réalisée sur le corps de Lyhanna, une fillette de 11 ans, n'a pas permis de déterminer avec certitude la cause de son décès, laissant tant le parquet d'Agen que la population dans l'incompréhension. Ce drame survenu début juin a suscité une onde de choc à travers toute la France, mettant en lumière de possibles défaillances dans la chaîne judiciaire.
Retrouvée morte dans le Gers le 4 juin, Lyhanna avait disparu quelques jours plus tôt. Le principal suspect, Jérôme Barella, âgé de 41 ans, père de deux enfants, n'avait jamais été interpellé malgré de précédents signalements pour des violences sexuelles sur d'autres mineurs, relançant un vif débat sur la protection de l'enfance et la responsabilité des autorités.
Dans un rapport diffusé mercredi, le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet, a confirmé que les médecins légistes n'ont pas décelé de lésions traumatiques visibles susceptibles d'expliquer la mort de la fillette. Cependant, ils ont relevé des traces aux membres supérieurs et inférieurs, indiquant des lésions d'entrave, ainsi que des contusions sur sa bouche, laissant à penser qu'un acte de violence avait bien été perpétré.
Dans cette tragédie, les conclusions d'autopsie impliquent également un viol, comme le précise le procureur. Des poursuites ont été élargies contre Jérôme Barella, qui fait désormais face à des accusations de "meurtre sur mineure de quinze ans, précédé ou accompagné d'un viol". Cette situation révolte les proches de la victime, qui demandent justice et soulignent les manquements déjà observés dans cette affaire.
Les analyses toxicologiques et en anatomopathologie sont en cours, mais selon M. Naboulet, ces examens sont longs et complexes. En attendant, le parquet d'Auch, qui gère l'affaire, fait l'objet de vives critiques. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également été mis sous pression par l'opposition, accusé de négligence dans ses fonctions, comme l'a exprimé la députée LFI Mathilde Panot.
Les parents de Lyhanna ont exprimé par l'intermédiaire de leur avocat, Me François Roujou de Boubée, leur souhait que toute récupération politique cessent, soulignant le respect dû à la mémoire de leur fille, notamment face à son utilisation par les nouvelles technologies, comme l'intelligence artificielle.
En signe d'impact de cette affaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que la proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles sera examinée à l'Assemblée nationale cet automne, indiquant que ce tragique événement pourrait aussi susciter des changements législatifs en matière de protection des enfants.







