Avec un nouveau nom et un événement annuel marquant, Les Entrepreneurs, anciennement CPME, ont tenu jeudi leur première "grande assemblée" au Parc des Princes à Paris, témoignant ainsi de l’ambition du président Amir Reza-Tofighi de faire grandir cette deuxième organisation patronale.
"Ce changement de nom incarne deux ambitions", a déclaré Reza-Tofighi à l'AFP. "Remettre les entrepreneurs au centre des discussions publiques et devenir une force de propositions plus percutante. Nous voulons également attirer les entrepreneurs de toutes tailles qui ne sont pas encore adhérents, pour renforcer notre collectif."
"Les entrepreneurs ne cherchent pas la pitié, mais veulent être entendus. Avec leurs idées, ils se préparent à devenir des acteurs du prochain scrutin présidentiel", a-t-il ajouté lors de son discours. Ses propos ont résonné devant une assemblée moins nombreuse que prévu, bien que les spectateurs aient commencé à remplir les sièges à mesure que le soleil se déplaçait.
Prêts à écouter, le ministre des PME, Serge Papin, et l'ancien Premier ministre Édouard Philippe ont pris place parmi les participants. "Je suis ici pour écouter", a simplement déclaré Philippe.
- Un hexagone dynamique -
L’une des ambitions affichées par Les Entrepreneurs est d’augmenter la croissance française de 10 % en cinq ans, et d'augmenter les importants salaires de la même manière, en tenant compte de l'inflation. "Pour que la France produise davantage, il est essentiel que ceux qui travaillent en ressente les bénéfices", a souligné Reza-Tofighi, qui envisage de transférer une partie des charges fiscales.
Pour "reconstruire le modèle français autour du travail, des entrepreneurs et des salariés", Les Entrepreneurs projettent de lancer "la Fabrique des entrepreneurs", un espace de propositions intégrant économistes, experts, et élus.
Le nouveau nom, unanimement adopté par les bureaux régionaux avec seulement quatre ou cinq abstentions, est accompagné d’un logo représentant un hexagone bleu, symbolisant la confiance et la diversité des entreprises représentées.
Cédric Thiollet, un conseiller en gestion de patrimoine, exprime des réserves sur ce nouveau nom. "Ils s'approprient le terme, laissant penser que les autres organisations ne sont pas des entrepreneurs, cela m'irrite."
- Pas de rivalité avec le Medef -
Sylviane Kouemo, à la tête de Soluti Group, est en revanche séduite par cette appellation, qu'elle considère "formidable, directe et claire". "Quand on m’appelle +entrepreneure+, cela me fait plaisir!"
Reza-Tofighi a insisté sur le fait que l’objectif n'est pas de rivaliser avec le Medef, mais de développer une voix collective plus forte, complémentaire à celle des autres organisations patronales. Actuellement, le Medef représente 63,42 % du patronat, contre 32,05 % pour Les Entrepreneurs et 4,53 % pour l'U2P, qui regroupe les entreprises de proximité.
Le président aspirant à moderniser son mouvement a récemment engagé une équipe informatique de douze personnes, là où aucune ressource de ce type n'existait l’an dernier. Reza-Tofighi, qui à seulement 20 ans a cofondé Vitalliance, une entreprise de services à la personne employant aujourd'hui 13 500 collaborateurs, se décrit comme prompt à agir et à prendre des risques. "C’est sans doute un défi d’être un entrepreneur à la tête d'une organisation patronale. Néanmoins, cette dynamique est une force pour faire avancer les enjeux," a-t-il conclu.







