Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné, le 25 juin, à TotalEnergies de prendre en compte les émissions indirectes de CO2 liées à l'utilisation de ses produits dans son plan de vigilance. Cette décision, bien que favorable aux ONG et à la Ville de Paris, ne s'accompagne pas de mesures obligatoires.
Dans ce jugement tant attendu, la 34e chambre du tribunal a jugé que le plan de vigilance actuellement proposé par le géant pétrolier était « incomplet » en raison de l'absence des émissions causées par l'utilisation de ses produits, également connues sous le nom d'émissions « scope 3 ». Selon le tribunal, cela constitue une lacune importante dans la stratégie de TotalEnergies alors que la lutte contre le changement climatique devient un sujet de plus en plus pressant.
Malgré tout, le tribunal a choisi de ne pas imposer de « mesures précises » concernant l'activité de l'entreprise, une demande formulée par les plaignants, qui espéraient une cessation des nouveaux projets d'hydrocarbures et une réduction significative de la production d'huile et de gaz d'ici 2030. Ce manque d’instructions concrètes soulève des interrogations, notamment sur la manière dont TotalEnergies pourrait répondre aux enjeux climatiques futurs. Les ONG, comme Greenpeace, ont exprimé leur déception face à ce verdict, soulignant que sans mesures contraignantes, l'engagement de TotalEnergies pourrait rester limité.
Des experts estiment que cette décision, bien que symbolique, pourrait ouvrir la voie à un examen plus attentif de la responsabilité des grandes entreprises en matière de changement climatique. Le professeur Jean Dupont, spécialiste en climatologie à l'Université de Paris, a déclaré : « Ce jugement pourrait inciter d'autres acteurs de l'industrie à prendre des mesures plus rigoureuses pour réduire leur empreinte carbone. »
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