L'université Lyon 2 a pris la décision d'interdire à Julien Théry, professeur d'histoire médiévale, de continuer à exercer pendant 18 mois après une série de propos jugés antisémites. Ce dernier avait qualifié de "génocidaires à boycotter" vingt personnalités, dont une majorité de confession juive, et avait diffusé un visuel imprégné de stéréotypes antisémites.
Cette décision, confirmée par le rectorat, a été attribuée à de "graves manquements au devoir de dignité et d’exemplarité". Les sanctions n'ont pas seulement touché son statut, mais également son salaire qui sera suspendu pendant cette période. Le rectorat a souligné l'importance de préserver l'image et le fonctionnement de l'établissement au regard de tels comportements.
Julien Théry avait été suspendu précocement à titre conservatoire, dès le mois de décembre, après que l'université ait alerté la justice sur les faits. Comme l'a rapporté Lyon Mag, les accusations ont suscité un vaste débat sur la ligne de conduite à adopter contre le racisme et l'antisémitisme dans les institutions académiques.
En novembre dernier, une publication sur son compte Facebook avait également vu le jour, où il listait sous le titre "20 génocidaires à boycotter" des personnalités telles que le présentateur Arthur ou les acteurs Charlotte Gainsbourg et Philippe Torreton. Ce post visait une lettre ouverte, parue dans Le Figaro, où ces figures publiques appelaient Emmanuel Macron à une démarche diligente concernant le conflit israélo-palestinien.
La Ligre contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a réagi avec indignation, qualifiant le message de "provocation inacceptable". La situation s'est exacerbée lorsqu'un montage jugé grossier, incluant des références à Israël et reprise de clichés antisémites, a été découvert sur son profil, ce qui a conduit à des critiques même au sein du gouvernement, le ministre de l'Éducation le qualifiant de "profondément scandaleux".
Laurent Wauquiez, chef des députés LR, a fustigé l’université pour sa prétendue dérive, accusant ses dirigeants de céder à des influences "islamo-gauchistes". La mesure prise par l'université démontre une volonté de réponse ferme face à des attentats à l'intégrité et à la dignité des valeurs académiques.







