Le 25 juin prochain, un projet de loi sur les pratiques de conversion sera soumis au Parlement britannique, signalant une étape déterminante pour le mouvement LGBTQI. Cette initiative, vue comme un progrès après les promesses non tenues de l'ancienne Première Ministre Theresa May en 2018, a suscité un optimisme renouvelé parmi les militants.
« Saviez-vous que l'on pouvait encore pratiquer de telles horreurs en 2023 ? » s'interroge un membre de Humanists UK, une association qui se réjouit de cette annonce. Selon un rapport de la BBC, le projet de loi vise à criminaliser les tentatives de modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne par des actes violents.
Le gouvernement a reconnu qu'il était urgent de légiférer, précisant que les lois actuelles ne prennent pas en compte la spécificité des pratiques de conversion. « Les lacunes juridiques ont exposé les personnes LGBT+ à ces violences », a commenté Olivia Bailey, ministre déléguée à l’égalité, en mentionnant les diverses formes de violence associées aux thérapies de conversion, comme les « consultations coercitives et prières forcées ».
La création de deux nouvelles infractions
Le projet de loi propose de définir les pratiques de conversion comme des actes visant à changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre par des moyens de maltraitance grave. Deux nouvelles infractions seront instaurées : l'une concernera les pratiques pouvant causer des dommages physiques ou psychologiques, et l'autre portera sur l'incitation à ces pratiques à l'étranger. Ces infractions pourraient entraîner des sanctions sévères, selon la BBC.
Des militants, comme Simon Blake de l’association Stonewall, ont salué cette initiative, évoquant un message fort du gouvernement: « Les membres de la communauté LGBTQ+ ne sont pas brisés et n’ont pas besoin d’être réparés. » Cependant, ils soulignent que le chemin reste long, car le projet devra passer par plusieurs étapes législatives avant d’entrer en vigueur.
Cette démarche proactive du gouvernement britannique pourrait également amener d'autres pays à revisiter leurs positions sur les droits des LGBTQI, comme le faisaient déjà des discussions au sein de l’Union européenne, où l’interdiction des pratiques de conversion est devenue une préoccupation croissante.







