Lors de la troisième journée de son procès en appel, Nicolas Sarkozy a réaffirmé avec retenue n'avoir "commis aucun des faits" qui lui avaient valu une condamnation historique pour le financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. Ce dossier complexe est jugé par la cour d'appel de Paris et devrait se prolonger jusqu'au début du mois de juin.
S'exprimant sobrement à la barre, l'ancien président a confié : "J'ai fait appel car je n'ai commis aucun des faits pour lesquels j'ai été condamné. Je mobiliserai toutes mes forces pour défendre cette vérité qui m’est profondément ancrée." Cette déclaration contraste avec son discours passionné lors du premier procès, qui avait suscité des controverses.
Nicolas Sarkozy, en tant que premier président de la République incarcéré, avait vu sa préservation d’attention médiatique exacerbée, surtout après sa condamnation en septembre pour association de malfaiteurs, ayant permis à ses proches de négocier clandestinement des accords avec la Libye sous Mouammar Khadafi. Il a toujours rejeté ces accusations.
Le tribunal correctionnel avait établi que des fonds occultes avaient été destinés à sa campagne, en échange de concessions politiques et commerciales, pourtant, l'ancien président se défend avec véhémence. Il a ajouté : "Ce que je vous ai dit, M. le président, c'est ce que je ressens au plus profond de moi-même."
Lors de cette audience, le président de la cour, Olivier Géron, a appelé à une approche sereine du procès, évoquant l'historien François Guizot : "Dans l'enceinte des tribunaux, rien ne doit entrer que la loi et les faits prévus par la loi."
Les coaccusés de Sarkozy ont également revendiqué leur innocence. Brice Hortefeux, ancien ministre et proche ami de Sarkozy a exprimé sa conviction que tous les reproches à son encontre étaient "rigoureusement faux", tout en déplorant la nature injuste de leur jugement. De son côté, l'intermédiaire Alexandre Djouhri, condamné à six ans de prison en première instance, a critiqué le manque d'objectivité dans le traitement de son affaire.
Un point de tension dans ce procès a été la décision d'un historien de ne pas témoigner, ce qui a conduit l'équipe de Sarkozy à envisager une plainte pour subornation de témoin, citant des "pressions indirectes" sur lui venant de la presse. L'absence de ce témoignage par la cour souligne les enjeux complexes qui se jouent en dehors de la salle d'audience.







