Emmanuel Macron s'apprête à se rendre à Bruxelles ce mercredi 18 mars, pour rencontrer Friedrich Merz, à l'approche d'un sommet de l'Union européenne. Au programme de cette rencontre : le Scaf (Système de combat aérien du futur). Selon Reuters, ce programme, lancé en 2017 par Macron et Angela Merkel, est actuellement enlisée en raison de divergences fortes entre Dassault Aviation et Airbus, les deux entreprises clés de ce projet évalué à plus de 100 milliards d'euros.
Le Scaf, qui inclut également l'Espagne et qui aspire à remplacer le Rafale dans le cadre de la dissuasion nucléaire française, prévoit le développement d'avions de combat interconnectés, accompagnés de drones échappant à la supervision humaine. Ces innovations, qualifiées de "cloud de combat", sont au cœur de la stratégie de défense européenne.
La collaboration entre la France, l'Allemagne et l'Espagne est censée être équilibrée, chaque pays apportant un tiers au projet. Toutefois, Dassault, qui mène le développement, exige un contrôle significatif pour choisir ses sous-traitants, une demande qui suscite des tensions avec ses partenaires, notamment Airbus Allemagne et Espagne. Comme l'indique le PDG de Dassault, Éric Trappier, "être le véritable leader est essentiel pour garantir la qualité et la performance" de l’avion.
Des doutes sont exprimés sur l'avenir du projet
Le climat s'est durci en février lorsque Friedrich Merz a publiquement remis en question la nécessité d'un projet commun, laissant entrevoir l'option de concevoir des avions distincts pour la France et l'Allemagne. Malgré ces tensions, Macron reste ferme sur la nécessité de maintenir le cap du projet. "Les frictions commerciales ne devraient pas dictées les priorités stratégiques de nos États", a-t-il affirmé récemment lors d'un déplacement à New Delhi.
"Il est impératif de mutualiser les coûts dans un contexte où les budgets de défense sont de plus en plus serrés," a ajouté Macron, soulignant l'importance d'unifier les efforts militaires.
Alors que le coût initial annoncé de 100 milliards d'euros pourrait grimper à 166 milliards d'euros, comme le souligne une étude repérée par Challenges, cette réunion pourrait être cruciale pour revitaliser le projet et clarifier les perspectives de coopération.
Enfin, des relations entre Paris et Berlin, qui avaient semblé florissantes après l'élection de Merz, se sont fragilisées au fil des mois, notamment sur des sujets tels que l'accord commercial avec le Mercosur, défendu par Berlin mais rejeté par Paris. Cette rencontre à Bruxelles pourrait justement permettre de recoller les morceaux avant le Conseil européen, dont l'agenda s'annonce chargé.







