Comme souvent ces derniers mois, Jerome Powell, président de la Fed, pourrait encore une fois recourir à sa célèbre phrase : "Wait and see". La réunion de 18h30 (heure française) pourrait confirmer que l'institution ne baissera pas ses taux, maintenus entre 3,50 % et 3,75 % depuis décembre 2022.
Les tensions géopolitiques, notamment avec la guerre en Iran, jouent un rôle important dans cette décision, couplée à un retour préoccupant de l'inflation aux États-Unis. Les experts soulignent que la Fed préfère généralement temporiser avant d'apporter des ajustements lorsque les conditions économiques sont incertaines.
Le blocage stratégique du détroit d'Ormuz amplifie cette situation, faisant grimper les prix de l'énergie et complexifiant davantage les prévisions économiques. Comme l'indique un rapport de BFM Business, une forte augmentation des prix du carburant a même poussé la banque centrale australienne à relever ses taux, tandis que la Fed reste sur une position plus réservée.
Une inflation hors des objectifs
Gregory Daco, économiste chez EY, souligne que la Fed pourrait rester sur cette position de pause pendant un certain temps, arguant que la guerre pourrait inciter davantage de dirigeants à adopter une approche plus aggressive contre l'inflation. En effet, l'inflation, qui ne respecte pas le niveau souhaité de 2 % depuis cinq ans, continue de poser un défi. Les prix ont enregistré une hausse de 2,8 % en janvier, signalant une tendance à la hausse persistante.
En plus de sa mission principale concernant l'inflation, la Fed a également pour responsabilité de garantir le plein emploi. Ainsi, ses décisions de taux doivent encourager les investissements des entreprises. Or, selon les récentes analyses de Good Morning Business, les perspectives sur l'emploi sont inquiétantes, avec des embauches stagnantes et des pertes d'emplois possibles.
La Fed face à des opinions divergentes
Les analystes de ING notent qu'une banque centrale doit maintenir sa crédibilité en matière d'inflation, et il devient difficile de justifier des baisses de taux dans un climat d'inflation élevée. Les décisions de la Fed, qui impliquent douze votants composés principalement d'économistes, n'ont pas connu d'unanimité récemment. Le contexte international pourrait bien compliquer encore davantage le consensus au sein de l'institution.
Malgré tout, même si les taux d'intérêt ne changent pas aujourd'hui, les investisseurs devront prêter attention aux prévisions de la Réserve fédérale, qui seront mises à jour pour la première fois depuis décembre concernant la croissance, l'inflation et le chômage en fin d'année.







