Lors de la conférence annuelle d'Euronext à Paris le 17 mars, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a exprimé son souhait de voir la France développer des fonds de pension. "Nous devons financer notre autonomie stratégique", a-t-il déclaré, tout en admettant que le terme « fonds de pension » était souvent perçu comme un « gros mot » dans le pays en raison de l'attachement à la retraite par répartition.
Prônant des changements au sein de l'économie européenne et de ses marchés financiers, Lescure a insisté sur l'importance d'attirer des investisseurs à long terme. "Il est crucial que nous réfléchissions aux fonds de pension comme l'une des solutions pour améliorer nos investissements en France et en Europe", a-t-il ajouté.
En évoquant le modèle américain, il a poursuivi : « La majorité des investissements américains en Europe proviennent de fonds de pension. Il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas créer les nôtres ». Ancien vice-président de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, l’un des plus grands fonds de pension du Canada, Lescure sait de quoi il parle.
Lors de son discours, il a plaisanté en disant : « Je sais que c’est un sujet sensible en France, mais je vais le dire en anglais pour le rendre plus accepté ! Nous ne devons pas confier notre avenir à d'autres. Pour financer notre indépendance stratégique, nous devons agir maintenant, sinon d’autres prendront les décisions à notre place ».
Ce débat, qu'il envisage pour 2027, a déjà été anticipé par le ministre en janvier, lorsqu'il avait souligné la nécessité d'un financement privé pour revitaliser l'économie française. Il avait alors déclaré que « nous ne pourrons pas éviter un débat sur les fonds de pension » pour soutenir les besoins économiques à venir.
Cette initiative pourrait marquer un tournant significatif dans le paysage économique français, ouvrant la voie à des discussions sur la viabilité d'un système de retraite hybride qui pourrait inclure des éléments de capitalisation.







