Le tribunal correctionnel d’Évreux a récemment traité une affaire troublante d'extorsion et de violence qui, selon les mots du président Wladis Blacque-Belair, est directement liée à la consommation de cocaïne par le couple accusé. Confrontés à leur dépendance, un homme de 37 ans et sa complice de 35 ans ont été condamnés à 30 mois de prison dont six avec sursis et 20 mois dont quinze avec sursis pour enlèvement, séquestration et violences ayant causé des blessures.
Les faits se sont déroulés les 24 et 25 juin 2024 à Verneuil-d’Avre-et-d’Iton et ont débuté pour des raisons extrêmement futiles. Comme l’a rapporté le tribunal, le prévenu, M. G, s'est rendu chez Mme E pour réclamer violemment une somme de seulement 20 euros. La dette en question n'a jamais été clairement définie par les débats, mais a rapidement été le déclencheur d'un événement dramatique.
Des gifles et des insultes sexuelles
Après que Mme E se soit réfugiée chez un ami suite à la demande de M. G, le couple y a fait irruption, entraînant une escalade de violence. Ils ont été vus par la victime comme des agresseurs, multipliant les coups et les humiliations, bien qu'ils aient tenté de minimiser leurs actes en affirmant que leur présence était due à des menaces reçues par Mme G. Néanmoins, le tribunal a été informé des insultes salaces lancées, que les prévenus ont niées.
Sitôt après, la situation a encore empiré lorsque le couple a obligé Mme E à les suivre, la transportant clandestinement dans le coffre de leur véhicule. Au domicile des prévenus, la violence s'est intensifiée, laissant sur place des preuves suggérant des sévices graves, notamment un torchon ensanglanté. Suite à ces événements, Mme E a été admise à l’hôpital, où M. G a tenté vainement de la dissuader de porter plainte.
Les avocats de la défense, Me Farah Hatem et Me Émilie Hilliard, ont tenté de soulever des objections sur l'absence de confrontation lors de l'instruction, arguant que le dossier reposait en grande partie sur un témoignage. Malgré ces efforts, ils ont reconnu des parties des faits, sans aller jusqu'à plaider la relaxe pour leurs clients. Le substitut du procureur, Théo Touzeau, a qualifié ces actes d'« extrême gravité », demandant une distinction de peines, prenant en compte le moindre rôle de Mme G dans la dynamique de violence, et soulignant son absence lors de l'incident initial.
Finalement, le tribunal a établi une condamnation partielle conforme aux réquisitions du ministère public : M. G, déjà incarcéré depuis le 8 octobre 2024, purgera sa peine, tandis que Mme G, qui avait expérimenté une période de détention préventive de 8 mois, a été libérée sous contrôle judiciaire. Ce cas interpelle sur les dérives des addictions et les conséquences dramatiques, même pour des sommes aussi dérisoires que 20 euros, montrant jusqu’où peut mener une spirale de violence dans un contexte de dépendance.







