ENQUÊTE. Un document du Département fédéral de police et de justice suisse resserre l'étau autour du couple Moretti, gérants du bar Le Constellation, ravagé par les flammes au Nouvel An. Ce rapport soulève des indices accablants, laissant entrevoir une éventuelle opération de blanchiment d'argent d'origine criminelle.
L’odeur des cendres et les cris des victimes continuent de hanter les esprits, non seulement en Suisse, mais aussi dans les pays voisins d’où proviennent de nombreuses victimes. Cependant, un tout autre parfum, celui des manigances financières, semble désormais régner à Crans-Montana, où le couple Moretti est sous le coup de sérieux doutes quant à ses pratiques comptables.
Les enquêtes menées ces derniers mois mettent en lumière des failles importantes en matière de sécurité autour du Constellation. Ce rapport, déjà relayé par Valeurs actuelles, a révélé que les opérations financières du couple vont au-delà des soupçons déjà existants. Les limiers helvétiques se penchent sur divers établissements détenus par les Moretti dans la région, comme le Senso et Le Chalet, et identifient des anomalies dans les transferts de fonds entre ces entités.
Un passé judiciaire troublant
Le passé judiciaire de Jacques Moretti, marqué par plusieurs condamnations pour proxénétisme et escroquerie, jette une ombre préoccupante sur les activités du couple. Selon les enquêteurs, leur modèle économique pourrait ressembler à un schéma de Ponzi, mis en place grâce à des prêts réalisés dans des conditions opaques. En fait, ce système leur permettrait de rembourser des crédits en contractant de nouveaux emprunts, générant de graves inquiétudes quant à la source d'un tel financement.
Les enquêteurs notent que la situation semble alarmante : « L'existence d'un montage financier criminel présumé pourrait être soupçonnée. » De plus, des risques d'escroqueries à l'assurance apparaissent à travers des indemnisations perçues suite à des incendies suspectés au Constellation et dans un autre établissement, le Vieux Chalet. Ces faits soulignent l'urgence d'une enquête plus approfondie.
Des liens douteux avec le milieu criminel
Au cœur de cette affaire, un certain Gilles Celotti, décrit comme « une figure du proxénétisme » en Suisse romande, aurait aidé Moretti dans l'acquisition du Constellation. Ce dernier a également des liens avec le banditisme corse, centré sur les activités de divertissement dans la région. Les enquêteurs suggèrent que des réseaux criminels du sud de la France pourraient influencer et soutenir les opérations des Moretti.
Combiner ces éléments à une possible complicité régionale pourrait signifier que Moretti n'est qu'un homme de paille pour des groupes criminels plus puissants. À Bonifacio, un ancien associé de Moretti, membre du Petit Bar, un groupe criminel corse, a déjà été évoqué dans des enquêtes de blanchiment d'argent.
Appels à l'internationalisation des approximations judiciaires
Les enquêtes se multiplient, rendant essentielle la création d'une équipe conjointe entre les autorités françaises et suisses. Alors que des membres du gouvernement italien s'impliquent dans cette affaire, avec la présidente Giorgia Meloni dans le rôle de principal interlocuteur, la France semble hésiter à se lancer dans des investigations plus approfondies.
Quelles seront les prochaines étapes dans cette affaire qui semble se complexifier ? Le casier judiciaire de Jacques Moretti et les incohérences financières entourent un récit tragique. Régulièrement, les Moretti rappellent qu'ils demeurent présumés innocents, mais l'odeur du soufre devient de plus en plus évidente.







