Mercredi 18 mars, la cour d'appel de Paris a validé les peines infligées à Brahim et Ismaël K., en lien avec l'abattage d'un olivier planté à Épinay-sur-Seine en mémoire d'Ilan Halimi. Dans cette affaire, les juges ont écarté l'accusation d'antisémitisme, jugeant insuffisantes les preuves d'une intention de nuire à la mémoire de la victime en raison de sa religion.
Le tribunal a maintenu le jugement initial rendu à Bobigny, qui avait pris la décision de relaxer les frères de l’accusation de violation d'un monument dédié à un défunt, en estimant qu'il n'existait pas d'éléments suffisants montrant que les prévenus avaient conscience du nom et de l'histoire d'Ilan Halimi.
« Aucun élément ne permet de caractériser la connaissance par les prévenus du nom et de l’histoire d’Ilan Halimi, ni l’existence d’une intention de porter atteinte à sa mémoire en raison de son appartenance religieuse », a déclaré la présidente du tribunal.
Les sanctions imposées restent sévères : Brahim K. écope d'une peine de huit mois de prison ferme, tandis qu'Ismaël, absent du procès en raison de son expulsion en Tunisie, se voit attribuer une peine avec sursis, assortie d'une interdiction du territoire français pendant cinq ans.
D'autres arbres en hommage à Ilan Halimi
L'olivier, planté en 2011, avait été abattu dans la nuit du 13 au 14 août. Les investigations menées par les autorités avaient montré que les téléphones des deux frères avaient été localisés dans le parc au moment des faits. Une vidéo sur le téléphone d'Ismaël K. le montre même utiliser une tronçonneuse près de la stèle dédiée à Ilan Halimi.
Me Alain Jakubowicz, représentant des organisations anti-racistes comme la Licra et SOS Racisme, s'est exprimé avec amertume sur cette décision : « Pour faire reconnaître aujourd’hui la circonstance aggravante d’antisémitisme, il faut avoir affaire à un néonazi avec une croix gammée sur le front ».
De son côté, l'avocat de Brahim K. a salué le jugement, tout en soulignant que « les responsabilités sont à chercher bien plus loin que les frères K., qui, à minima, ont été instrumentalisés et, à maxima, ont été simplement pris pour ce qu’ils étaient, c’est-à-dire deux malheureux qui traînaient dans un parc ».
Ilan Halimi, âgé de 23 ans, avait été enlevé et torturé par le « gang des barbares » avant de perdre la vie en février 2006. Depuis cet événement tragique, plusieurs arbres dédiés à sa mémoire ont été abattus. En février de cette année, le président Emmanuel Macron a planté un chêne en hommage à Halimi dans les jardins de l’Élysée.







