Face à une flambée alarmante des prix du pétrole, atteignant plus de 100 dollars le baril, le gazole dépasse les deux euros le litre en France. Mercredi 18 mars, lors d'une interview accordée à CNBC Europe, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a réaffirmé que le pays ne prévoyait pas d'utiliser ses réserves stratégiques pour le moment.
Les prix continuent de grimper. Le 17 mars, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a enregistré une hausse de plus de 5 %, passant à 98,32 dollars, tandis que le baril de Brent, référence mondiale, a également bondi de 4,67 % pour atteindre 104,88 dollars. Cette montée en flèche des coûts entraîne une augmentation du prix du gazole de 1,4 % en une semaine, consolidant ainsi son prix au-dessus des deux euros le litre.
Les tendances actuelles laissent peu d'espoir pour un retournement rapide. Selon Lescure, la situation géopolitique au Moyen-Orient pourrait perdurer, et il a déclaré lors de cette même interview qu'il n'était pas question de puiser dans les réserves stratégiques de pétrole. "Il est essentiel de conserver des munitions pour faire face à d'autres chocs potentiels", a-t-il précisé.
"Il est crucial de se préparer aux différents scénarios en surveillant attentivement la situation", a-t-il ajouté, soulignant que les réserves étaient temporaires et ne pouvaient pas remplacer le flux de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz. "La seule solution pour alléger le marché est d'assurer le passage de pétrole par ce détroit", a-t-il insisté.
"Mathématiquement, les prix ne peuvent pas baisser"
Les distributeurs de carburant avaient initialement promis une baisse des prix. Michel-Édouard Leclerc, à la tête du groupe E.Leclerc, avait annoncé une possible réduction de 30 centimes par litre, mais a finalement été contraint de renoncer à cette promesse en raison de la volatilité persistante des prix, comme rapporté sur Franceinfo.
Cette hausse des prix est étroitement liée à la guerre au Moyen-Orient, avec le détroit d'Ormuz bloqué par les Gardiens de la révolution iraniens, représentant un cinquième du pétrole mondial. Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Ufip-EM, a affirmé au Parisien que "mathématiquement, les prix resteront élevés tant qu'il n'y aura pas de détente majeure pour restaurer la confiance sur le marché".
Pour faire face à la montée des coûts, les distributeurs mettent également la pression sur le gouvernement pour qu'il réduise ses marges. Thierry Cotillard, dirigeant du Groupement Mousquetaires/Intermarché, a évoqué l’importance d'une telle mesure lors du salon Franchise Expo à Paris. Cependant, Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a averti que réduire les taxes causerait un manque à gagner de près de 20 milliards d'euros pour l'État, rendant une telle solution peu viable.







