C'est une évasion des plus rocambolesques qui s'est produite samedi dernier dans la maison d'arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Ilyas Kherbouch, un détenu de 20 ans, a réussi à quitter les lieux en compagnie de deux hommes déguisés en policiers, armés de faux documents justifiant une extraction pour garde à vue.
Les faits se sont déroulés vers 16 heures, lorsque ces imposteurs ont prétendu être en mission officielle pour recueillir le jeune homme. Après une fouille habituelle et l'examen des papiers falsifiés, le personnel pénitentiaire a remis Kherbouch aux faux agents, qui ont pris la fuite sans être inquiétés, comme l'a rapporté une enquête menée par le Parisien.
Ce n'est que lundi matin que l'évasion a été découverte par le personnel de la maison d'arrêt. Le parquet de Bobigny a immédiatement transféré l'affaire vers la juridiction interrégionale spécialisée de Paris, qui a ouvert une enquête pour "évasion en bande organisée".
Problématique du système pénitentiaire
Cette incroyable évasion met en lumière des failles dans le système de sécurité des établissements pénitentiaires, comme l’a souligné Yoan Karar, secrétaire général adjoint FO-Justice. "Nous évoluons dans un système archaïque qui n'a pas su s'adapter aux technologies modernes. En 2026, nous devrions utiliser des systèmes numériques pour éviter ce genre de situation," a-t-il déclaré, en pointant également le risque que ces documents contrefaits peuvent poser.
Ilyas Kherbouch, déjà bien connu des services de police pour ses activités criminelles multiples, a été condamné à de nombreuses reprises, notamment à sept ans d'emprisonnement pour son implication dans une affaire de séquestration et de cambriolage de l'illustre cuisinier Simone Zanoni à Paris. Il fait également l'objet d'autres accusations, dont un home-jacking sur l’ancien gardien de but du PSG, Gianluigi Donnarumma.
Son avocate, Me May Sarah Vogelhut, a pour sa part choisi de ne pas commenter cette évasion. Pendant ce temps, la direction de l'administration pénitentiaire a lancé une enquête interne pour établir les circonstances de ce fait divers, tandis que l'inspection générale de la justice s'est également saisie du dossier pour garantir la transparence de l'ensemble de la procédure.







