Le huis clos du colloque sur la souveraineté en Océanie, organisé par l'Université de la Polynésie française, a suscité des réactions vives. Quinze chercheurs se sont exprimés dans une tribune où ils critiquent fermement cette restriction. L’anthropologue Patrice Godin a affirmé : "Nous dénonçons sans réserve cette atteinte à la liberté académique, une liberté fondamentale." Cette décision, selon eux, fait écho à une inquiétante tendance à limiter le débat public sur des sujets sensibles.
L’accès à l'événement a été interdit non seulement aux étudiants et aux médias, mais également au grand public. Fred Constant, professeur en science politique, a exprimé son étonnement : "Nous sommes tous surpris que notre réunion soit réservée aux seuls chercheurs, sans explication autre que des pressions étatiques. L'université doit être ouverte à tous." Cette fermeture est inquiétante dans un système républicain où le débat devrait être encouragé.
Des voix critiques
Mereana Reid-Arbelot, députée indépendantiste, a également réagi en condamnant cette restriction : "Enfermer ces échanges, entraver la recherche ne fera que soulever d'autres questions. La transparence est essentielle." De son côté, Sémir Al Wardi, un des organisateurs, a expliqué que la décision de huis clos a été influencée par l'anxiété de l'État concernant les discussions calédoniennes.
Un contexte politique tendu
La question de la souveraineté est particulièrement brûlante dans le Pacifique, où le mouvement indépendantiste prend de l'ampleur. Moetai Brotherson, président de la Polynésie française, a élargi le débat en déclarant : "Si l’État se sent menacé par un colloque académique en 2026, cela démontre des failles dans notre système démocratique." En effet, les collectifs indépendantistes, comme le FLNKS en Nouvelle-Calédonie, méritent un espace de parole et un débat ouvert pour éclaircir des enjeux cruciaux.
En conclusion, ces chercheurs soulignent que pour naviguer dans ces défis, la liberté d'expression et d'échange doit impérativement être préservée, plutôt que restreinte. Le Haut-commissaire de la République en Polynésie française n'a pas souhaité commenter.







