Le Salon de l'Agriculture, qui se tient actuellement à Paris, suscite de vives interrogations concernant la place accordée à l'agriculture biologique. L'Agence Bio, instance dédiée à ce secteur, se retrouve reléguée à l'extérieur du salon, provoquant les interrogations des producteurs ardéchois présents sur place.
Cette absence manifeste de la visibilité du bio a surpris de nombreux exposants. Fanny Guaiffe, productrice de plantes aromatiques à Tournon, qui participe pour la première fois à l'événement, témoigne : "Je ne m'y attendais pas, mais je n'ai pas vu le bio mis spécialement en avant. Il n'y a qu'un petit food-truck de l'Agence Bio à l'extérieur, mais peu de visiteurs s'y rendent. Pour ma part, je n'ai pas eu le temps d'y aller."
Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'en France, un objectif ambitieux de 21% de surfaces agricoles biologiques d'ici 2030 a été fixé, alors même que les dernières statistiques suggèrent que seulement 10,1% des terres étaient en bio en 2024. Parallèlement, les subventions destinées à ce mode d'agriculture semblent diminuer. "La dotation jeune agriculteur, qui était une aide précieuse pour les nouveaux agriculteurs, a été supprimée abruptement à la fin de l'année dernière, sans préavis suffisant," déplore Fanny Guaiffe.
Une réalité qui interpelle
Cependant, le secteur biologique n'est pas totalement oublié au Salon. L'organisation "L'Ardèche, le goût", financée en partie par l'État et l'Europe, tient un stand où deux tiers des produits proposés proviennent de l'agriculture biologique. "C'est tout à fait normal pour nous de donner de la place à ces produits," explique Sandra Teyssier, responsable de la mission. "Nous ne nous posons même pas la question de leur présence ici."
L'Ardèche, qui montre un réel engagement dans cette voix, a vu le nombre de fermes biologiques presque doubler en une décennie, avec actuellement 24% de ses surfaces agricoles en bio, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale. Encore plus impressionnant, la Drôme dépasse ce seuil avec 31% de ses surfaces en agriculture biologique, bien que le nombre de fermes bios ait légèrement diminué en 2024.
Cette dynamique soulève des questions cruciales sur l'avenir de l'agriculture biologique en France et sur les efforts nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. En l'état actuel des choses, l'événement parisien pourrait bien devoir redéfinir ses priorités pour mieux inclure cette filière essentielle.







