Majdouline B., infirmière à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, a été suspendue pour une durée de huit mois après avoir refusé d'enlever son calot. Bien que le tribunal administratif de Paris ait initialement estimé que son licenciement était disproportionné, la décision de suspension a été récemment confirmée.
D'après le tribunal, l'insistance de la soignante à porter son calot, malgré les règles d'hygiène strictes de l'hôpital, justifie cette sanction. « La suspension n'apparaissait pas disproportionnée, en l'état de l'instruction », a précisé la cour. Toutefois, cela reste une décision temporaire, dans l'attente d'un jugement plus approfondi.
« On n’est plus dans la défense de la laïcité », témoigne Sandrine Rousseau
Majdouline B. porte un calot coloré orné de cœurs, qu'elle considère comme une expression de sa vie privée plutôt qu'une marque d'appartenance religieuse. Ses positions ont été défendues par plusieurs syndicats, dont SUD-Santé et la CGT, qui dénoncent une tendance inquiétante. Blandine Chauvel, représentante de SUD-Santé, a afirmé : « On a recensé plus de 30 hôpitaux en France où des collègues subissent un traitement similaire ». Elle y voit une stigmatisation liée à la perception d'appartenance religieuse.
La députée écologiste Sandrine Rousseau a également exprimé son soutien à Majdouline B., arguant que nous ne sommes plus dans la défense de la laïcité, mais dans un « fantasme de l’ennemi de l’intérieur ».
L’avocat de l'infirmière, Lionel Crusoé, a jugé la sanction trop sévère et a fait un parallèle avec des cas de harcèlement ou d'agression au sein des établissements de santé, appelant à une réflexion plus nuancée sur la question.
Le Nouveau Parti anticapitaliste a également exprimé son soutien à la soignante, préfigurant un élan mobilisateur dans les prochaines élections municipales à Paris, où Blandine Chauvel figurera en tête de liste.







