Lors d'une intervention sur CNews, Arno Klarsfeld, fils des célèbres chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld, a provoqué une onde d'indignation en proposant l'organisation de « grandes rafles » en France pour expulser des étrangers en situation irrégulière. Son intervention a eu lieu durant un débat sur une affaire de viol à Nice, impliquant un ressortissant tunisien en situation irrégulière.
« Se débarrasser des OQTF est complexe », a-t-il déclaré, en se référant à la notion d'Obligation de Quitter le Territoire Français. Il a fait référence à la politique d'immigration américaine, en évoquant les méthodes de l'ICE sous la présidence de Donald Trump. « Pour atteindre cet objectif, il serait nécessaire d'organiser des rafles afin d’arrêter le plus grand nombre possible d’étrangers en situation irrégulière », a poursuivi Klarsfeld.
Ses propos ont suscité un tollé parmi les responsables politiques. Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, a d'abord manifesté son incrédulité sur les réseaux sociaux : « Dites-moi que ce n'est pas possible ». Il a également mis en avant que, selon la loi française de 1881, Klarsfeld pourrait être poursuivi pour incitation à la haine et à la discrimination.
Mathilde Panot, cheffe des députés Insoumis, a suggéré que Klarsfeld, descendant de familles persécutées pendant la Seconde Guerre mondiale, appelait à des rafles dans un contexte troublant : « Dans quel état de folie ce pays est-il en train de sombrer ? »
En réponse aux critiques, Klarsfeld a tenté de clarifier ses propos sur le réseau social X, arguant que les termes qu'il a employés ne doivent pas être utilisés hors de leur contexte historique. « Un rapatriement d'étrangers criminels n'est pas à comparer avec la déportation des Juifs vers les camps d'extermination », a-t-il souligné.
À 60 ans, Arno Klarsfeld, juriste, est connu pour son engagement en faveur des droits des descendants de déportés juifs. La mémoire des rafles des années 1940 reste un sujet délicat en France, illustrée par l'événement tragique de la Rafle du Vel d'Hiv, où plus de 13.000 Juifs furent arrêtés en juillet 1942.







