Avec la montée des accidents de la route, les Français semblent adopter des solutions innovantes pour améliorer la sécurité. Les caméras embarquées, ou dashcams, de plus en plus courantes, servent désormais d’éléments de preuve en cas d'incidents sur la route.
Ce texte correspond à une synthèse de plusieurs reportages sur le sujet. Visionnez le reportage complet pour plus d'informations.
Imaginez une voiture qui change brusquement de voie ou un camion qui ne parvient pas à éviter une collision. Ces moments, parfois périlleux, sont capturés par des dashcams, de petites caméras fixées sur le tableau de bord. Jonathan Colson, un automobiliste équipé d'une technologie moderne, explique : "J'ai placé ma caméra derrière le rétroviseur. Elle filme en 360 degrés, capturant tout autour de moi." Cette simple mesure lui a permis d'apporter une assistance précieuse aux gendarmes lors d'un accident qu'il a été témoin.
Aujourd'hui, il se sent plus serein sur les routes : "Si un autre conducteur commet une erreur, je n'ai rien à craindre ; j'ai la vidéo en ma possession."
Entre 80 et 300 euros
Ces caméras semblent également jouer un rôle modificateur sur le comportement des conducteurs. "Avant, je me laissais facilement emporter par la colère au volant. Maintenant, je suis plus calme ; je sais qu'il y a une caméra qui enregistre mes actes." De plus en plus de Français prennent la décision de s'équiper. Dans certains magasins, les dashcams ont même leur propre rayonnage. Les prix varient de 79 à presque 300 euros, en fonction des fonctionnalités. Carole Pichorot, responsable des ventes chez Norauto à Vélizy, confirme cette tendance : "Nous vendons à présent environ dix unités par mois, une augmentation notoire par rapport au passé. En général, ce sont des clients qui ont récemment connu un accident ou qui ont été victimes de vols."
Un motard indemnisé grâce à la vidéo d'une caméra embarquée
Les dashcams peuvent également faire toute la différence lors d'un accident. C'est le cas de Kevin Delabre, victime d'une collision tragique avec un bus. "Je suis tombé dans le coma pendant trois semaines à cause de l'accident, une expérience qui a changé ma vie." Lors d'une première enquête, sa responsabilité avait été retenue, rendant son indemnisation impossible. Toutefois, les images de sa caméra ont permis de réévaluer les circonstances : "Un expert a pu analyser la vidéo et clarifier l'événement, offrant ainsi une portée plus précise au jugement en écartant la subjectivité des témoins."
Les dangers de l'IA
D’un point de vue légal, ces enregistrements sont considérés comme des preuves valables. Cependant, les vidéos seules ne suffisent pas à établir la responsabilité de chaque partie impliquée. Maître Grégory Guyard, avocat spécialisé dans le domaine, souligne : "Les avancées en intelligence artificielle soulèvent des inquiétudes. Modifier des images est désormais plus aisé, ce qui complique leur utilisation comme preuves irréfutables." Néanmoins, ces caméras continuent d’apporter des informations significatives. En Europe, certains assureurs prennent même les devants en offrant des réductions aux automobilistes équipés de dashcams.







