Le tribunal correctionnel de Paris a annoncé qu'il rendra son verdict le 26 février dans l'affaire de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne accusée d'apologie du terrorisme. Ce procès pourrait servir de levier dans des négociations délicates entre Paris et Téhéran, notamment en ce qui concerne la libération de deux Français, Cécile Kohler et Jacques Paris, incarcérés en Iran depuis mai 2022.
Après quatre jours d'audiences marquées par des tensions, le tribunal a décidé de mettre sa décision en délibéré. Les procureurs ont requis une peine d'un an de prison ferme pour Esfandiari, qui pourrait devenir un élément d'échange dans un contexte international déjà troublé. Selon des déclarations de l'ambassadeur iranien en France, Mohammad Amin Nejad, un arrangement visant à libérer Esfandiari en échange des deux Français est sur la table. Il a exprimé son souhait de voir ces négociations aboutir rapidement.
Lors de son dernier discours devant le tribunal, Esfandiari, âgée de 39 ans, a déclaré que le fait que d'autres décident de son sort sans tenir compte de son avis lui était douloureux. Elle a contesté les accusations, affirmant que les chargeurs portaient atteinte à son intégrité : "Dire que je suis venue pour faire de l'ingérence, je perçois cela comme une insulte", a-t-elle affirmé, visiblement émue.
Le parquet a requis une peine totale de quatre ans, dont trois avec sursis, tout en prenant en considération sa détention provisoire de huit mois, durant laquelle elle a été incarcérée jusqu'en octobre 2022. Les accusations incluent non seulement l'apologie du terrorisme, mais également la provocation en ligne à des actes terroristes, des délits pour lesquels elle risquerait jusqu'à sept ans de prison.
Les activités d'Esfandiari sont surveillées de près, et elle est accusée d'avoir alimenté des comptes en ligne d'organisations extrémistes, incitant à des actes de violence soutenus par le Hamas, notamment lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Le climat politique et social en Iran, marqué par une répression violente des manifestations, est en toile de fond de cette affaire, ajoutant une couche de complexité.
Des experts soulignent que cette affaire va au-delà des simples actes d'accusation et pose des questions sur la liberté d'expression en France. Un avocat de la défense, Me Antoine Pastor, a décrit Esfandiari comme une militante engagée au lieu d'une espionne présumée, plaidant en faveur d'une appréciation plus large de la situation.
La procureure a mis l'accent sur le contexte d'ingérence étrangère, particulièrement en ce qui concerne les influences iraniennes en France. Les avocats des parties civiles ont également soulevé cette question, insistant sur le fait qu'Esfandiari acceptait des instructions provenant des autorités iraniennes.
Ce procès, qui se déroule contre un fond d'accusations politiques et diplomatiques, pourrait ouvrir la voie à des évolutions significatives dans les relations entre les deux pays. Si la décision du tribunal pourrait apporter un éclairage fort sur l'impact des tensions géopolitiques actuelles sur la justice française, la conclusion de cette affaire pourrait également déterminer l'issue des négociations entre Paris et Téhéran.







