Le 16 janvier dernier, la Cour de cassation a finalement décidé de clore l'affaire tragique de Marie-Thérèse Bonfanti, disparue en 1986 en Isère, en prononçant la prescription de son meurtre. Le cas a suscité une onde de choc au sein de la famille et des proches de la jeune femme, dont le corps a été retrouvé plusieurs décennies après les faits.
Bien que les aveux récents d'Yves Chatain, le suspect principal, aient apporté un nouvel éclairage sur cette affaire, la plus haute instance judiciaire française a statué qu'aucun obstacle juridique ne justifiait une prolongation des délais de poursuite. Cette décision met un terme définitif à toute action légale contre Chatain, aujourd'hui sexagénaire. La famille de Marie-Thérèse a exprimé son profond désespoir, qualifiant cette issue d'une « injustice violente ».
« On nous demande d'accepter l'inacceptable », a déclaré Thierry Bonfanti, le mari de la victime, en larmes. Le procureur général, Rémy Heitz, a également averti que cette jurisprudence pourrait avoir des conséquences lamentables sur d'autres affaires de cold cases en France, risquant de favoriser l'impunité pour certains criminels.
Marie-Thérèse Bonfanti, âgée de 25 ans, a disparu le 22 mai 1986 alors qu'elle distribuait des journaux à Pontcharra. Yves Chatain, qui vivait à proximité, a initialement été suspecté mais relâché après un non-lieu en 1987. Ce n'est qu'en mai 2022 qu'il a avoué l'avoir étranglée, un aveu qui a ravivé les espoirs de justice pour la famille. Malheureusement, cet espoir a été rapidement éteint par la décision de la Cour.
Ce dénouement tragique soulève des questions fondamentales sur l'efficacité du système judiciaire français en matière de crimes non résolus. L’avocate de la famille, Me Catherine Bauer-Violas, dénonce une « bénédiction judiciaire » pour ceux qui commettent des crimes en toute impunité. Selon elle, cette décision illustre une lacune dans la législation française qui doit être revue pour mieux protéger les victimes et leurs familles.
Dans un contexte où de nombreuses affaires complexes restent non élucidées, cette récente décision pourrait bien servir de precedent inquiétant pour l’avenir des enquêtes judiciaires en France. La société réclamant justice doit-elle accepter cette forme de négligence légale ? Cette question demeure ouverte, alors que la famille Bonfanti pleure la perte d'une fille, d'une sœur, et d'une épouse, dont la mémoire semble désormais condamnée à l'oubli.







