Il y a désormais trois ans, le 21 juin 2023, la rue Saint-Jacques dans le 5ème arrondissement de Paris a été secouée par une explosion dévastatrice qui a causé trois morts et une cinquantaine de blessés. Malgré l’ampleur de cette tragédie, aucun progrès n’a été réalisé sur le plan des investigations techniques, laissant les habitants dans un état d'exaspération, comme le souligne le collectif Val-de-Grâce, représentant plus de 100 victimes.
Cette catastrophe a laissé le Pavillon des Gardes en ruine, et la reconstruction s’avère enlisée par des problèmes de financement. Un riverain, membre du collectif, témoigne : "Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités, et en particulier GRDF, tardent à établir les causes précises de cette explosion." Cela fait tant de temps que plusieurs demandes d'engagements fermes de l'État sont restées lettre morte.
L'enquête, qui semblait prometteuse en début de procédure, a piétiné depuis le début de l'année. Alain Polonsky, président du collectif, s’impatiente : "Il n'y a eu aucune avancée depuis trois ans. Je n’ai jamais vu une telle lenteur dans le traitement d'une affaire aussi sérieuse. Les multiples fuites de gaz survenues dans le quartier avant l'explosion sont largement ignorées par les enquêteurs." Le parquet de Paris, interrogé sur ce temps d'attente, a bien admet qu'il n'y a rien d'inhabituel, mais la frustration monte au sein de la communauté.
Les élus s'engagent, mais les promesses peinent à se concrétiser
Frustrés par cette situation, des élus comme le député Michel Barnier ont pris l'initiative de solliciter le ministre Sébastien Lecornu. L'association des victimes a fait état de leur "extrême déception" face au report de l’enquête et espère que le gouvernement facilitera la collaboration entre les différents ministères impliqués.
Dans une lettre obtenue par nos soins, Lecornu a noté que "des réunions ont été organisées pour avancer sur cette affaire", mais les riverains doivent patienter encore.
Un rassemblement de riverains a eu lieu récemment à la Maison des Mines, à un jet de pierre du site de l’explosion, pour faire un point sur la situation. Leur inquiétude grandit alors que l'absence de nouvelles concrètes s'installe au fil des mois. Étonnamment, la question du financement pour la reconstruction du pavillon reste entière.
Face à l'inaction, le collectif et les habitants réclament non seulement une réponse rapide à l'enquête mais aussi une prise de conscience collective pour que de telles catastrophes ne se reproduisent plus. "Il est temps que les autorités prennent leurs responsabilités," conclut Polonsky, énonçant les attentes grandissantes des riverains.







