Alors que le premier tour des élections municipales approche à grands pas, La Chapelle-Onzerain, un village de seulement 120 habitants dans le Loiret, se débat avec la mise en place de la parité hommes-femmes. À partir de mars prochain, chaque commune, quelle que soit sa taille, doit respecter cette nouvelle exigence. Cela représente un défi considérable pour des communes de petite taille où la recherche de candidates peut s'avérer ardue.
La maire sortante, Aline Chassine-Tourne, se retrouve dans une situation délicate. Sur les onze sièges du conseil municipal, deux sont actuellement occupés par des femmes, mais l'une d'elles ne se représente pas. Ainsi, Aline doit désormais mobiliser cinq nouvelles candidates. Après plusieurs semaines de porte-à-porte, elle admet que convaincre les femmes de s'engager est plus difficile qu'elle ne l'avait anticipé. "La parité n'est pas une mauvaise idée, mais nous avons été informés trop tard pour nous préparer, ce qui complique la situation", a-t-elle déclaré.
Malgré ces obstacles, Aline Chassine-Tourne reste déterminée. Elle souligne l'importance d'avoir des candidates réellement engagées : "Je ne veux pas de prête-noms, mais des personnes prêtes à s'investir pour la commune". Cependant, elle observe que beaucoup de femmes hésitent, souvent par crainte de ne pas avoir suffisamment de temps, en particulier celles qui ont des enfants en bas âge, phénomène typique dans les villages ruraux.
Les enjeux de cette exigence de parité ne se limitent pas à La Chapelle-Onzerain. Dans de nombreuses petites communes en France, la recherche de femmes candidates est un véritable casse-tête. Ainsi, des voix s’élèvent pour appeler à repenser les structures de participation civique. Des experts en sociologie politique soutiennent que pour inciter davantage de femmes à prendre part aux élections, il est essentiel de créer un environnement plus favorable, notamment à travers des initiatives de sensibilisation et de soutien.
Toutefois, la mairesse s'accroche à l'idée qu'il est crucial de respecter la loi. À cette fin, elle rappelle que pour les communes de moins de 1.000 habitants, des ajustements sont possibles, permettant une certaine flexibilité dans la composition des listes électorales.
Face à cette obligation de parité, la présence au sein du conseil municipal peut devenir un véritable enjeu pour le futur de la démocratie locale. Comme l'a évoqué Frédéric Lopez, le deuxième adjoint, la prédominance masculine dans la politique locale reste ancrée dans les traditions rurales. Pourtant, le changement est possible et nécessaire. À La Chapelle-Onzerain, tandis que la date fatidique du 26 février approche pour le dépôt des listes, l'heure est à l'action.
Dans ce contexte, Eliane Beaujouan, la première femme à avoir accepté de faire partie de la liste, démontre qu'avec de la volonté et du temps, il est possible de contribuer à la vie de la commune. "Je comprends que ce ne soit pas simple pour d'autres habitantes plus jeunes, mais il est essentiel que chacun fasse sa part", conclut-elle.







