Le 14 janvier dernier, une quinzaine d'avocats pénalistes parisiens ont interrompu la cérémonie de vœux du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à la Maison de la Mutualité. Brandissant une banderole affichant le slogan provocateur "Darman'injustice", ces avocats ont exprimé leur mécontentement face à la présence du ministre lors de l'événement.
Malgré le chahut, Gérald Darmanin a poursuivi son discours comme si de rien n'était. Cette action, prévue depuis un certain temps, visait à dénoncer ce qu'ils considèrent comme l'arrogance du ministre, qui, selon eux, incarne une approche répressive de la justice. "Sa présence ici est une insulte à notre profession", a déclaré Me Romain Ruiz, qui fait partie des avocats en désaccord.
Dans une tribune publiée la semaine précédente, plus de 160 avocats avaient déjà fait part de leur indignation, qualifiant la venue de Darmanin d'"insulte pour nos robes". La tension est palpable, notamment depuis les déclarations de Darmanin lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, où il a affirmé avoir pour boussoles "la fermeté et l'efficacité". Ses choix politiques, notamment son soutien à la police, ont irrité une profession qui juge que son approche nuit à l'équilibre nécessaire entre justice et sécurité.
Les avocats associent également cette présence à un continuum de politiques qu'ils jugent inappropriées pour le développement d'une justice véritablement indépendante. "Accueillir un ministre de l'Intérieur déguisé en garde des Sceaux est problématique pour nous", a précisé Me Ruiz, appelant à une réflexion plus profonde sur la justice en France.
Pour conclure, ces avocats ne demandent rien de moins qu'une révision des engagements de Darmanin ou, à défaut, son départ: "Qu'il retourne à Beauvau pour s'occuper de ceux dont il a fait son combat", ont-ils insisté.







