La police fédérale brésilienne a exécuté mercredi une opération vaste, mettant la main sur près d'un milliard d'euros en biens, dans le cadre d'une enquête qui pourrait bien être qualifiée de "plus grande fraude bancaire de l'histoire" du pays. Ce coup de filet, qui a été précédé par la liquidation du Banco Master en novembre dernier, a nécessité la prudence, comme l'a souligné le ministre des Finances, Fernando Haddad, lors d'une déclaration récente.
Des perquisitions ont été menées à plusieurs adresses liées à Daniel Vorcaro, l'ancien propriétaire de la banque désormais dissoute. Ce dernier a été arrêté lors d'une opération menée en novembre, alors que son beau-frère, Fabiano Campos Zettel, a été arrêté mercredi en tentant de quitter le pays pour Dubaï, mais a rapidement été relâché, selon des sources.
Ce n'est pas moins de 42 perquisitions qui ont été effectuées dans cinq États brésiliens, y compris les régions économiques clés de Sao Paulo et Rio de Janeiro. Au total, les forces de l'ordre ont saisi des biens d'une valeur impressionnante de 5,7 milliards de réais, soit environ 910 millions d'euros. Des armes, des voitures et des montres de luxe ainsi que des sommes d'argent considérables ont été récupérées, comme le rapportent divers médias brésiliens.
L'enquête se concentre sur des allégations graves comprenant la création d'une organisation criminelle, la fraude financière, la manipulation de marchés et des activités de blanchiment d'argent. Dans un rapport publié par le journal O Globo, il est souligné que l'affaire a suscité l'intérêt des médias nationaux depuis que la Banque centrale a ordonné la liquidation de Banco Master, faisant état d'une "grave crise de liquidités" et de diverses infractions aux réglementations financières en vigueur.
Alors que l'enquête se poursuit, 1,6 million de créanciers de Banco Master attendent désespérément d'être remboursés, selon le Fonds de garantie de crédit, une organisation visant à protéger les déposants et investisseurs. En novembre, le directeur de la Police fédérale, Andrei Rodrigues, évoquait une fraude présumée d'une ampleur considérable, pouvant atteindre les 12 milliards de réais, soit environ 1,9 milliard d'euros. Cette affaire souligne un défi croissant pour le système bancaire brésilien qui fait face à des enjeux de transparence et de réglementation.







