Qui est réellement Delcy Rodriguez, celle qui occupe le poste de présidente par intérim du Venezuela ? Si, sous Maduro, elle se donnait l'image d'une loyale durcie, aujourd'hui, les murmures la présentent comme une traîtresse potentielle, ayant des liens troubles avec des puissances étrangères. À la différence de nombreux autres membres du régime, elle ne figure pas sur la liste des narcotrafiquants de la DEA, mais elle est cependant sanctionnée par l'Union européenne pour atteintes aux droits humains.
Sa carrière a débuté dans les années 1990, à Paris, alors qu’elle observait un climat de xénophobie détestable. « Les Arabes étaient brûlés vifs dans le métro », a-t-elle un jour témoigné, exprimant une indignation qui est restée caractéristique de son discours. Ce tempérament abrasif lui a valu le surnom de « tigresse » de la part de Maduro, une référence à sa détermination sans faille.
Des manoeuvres politiques habiles
Avec la chute de Maduro en 2023, elle a rapidement affirmé son autorité, se déclarant la seule présidente légitime. Son arrogance a attiré l’attention de Donald Trump, qui, dans une interview à The Atlantic, lui a rappelé qu'elle pouvait connaître un destin funeste si elle ne respectait pas ses engagements. Sa réponse rapide a été de proposer une coopération avec les États-Unis, se repositionnant brillamment dans le jeu politique.
Partie prenante dans un jeu d'échecs géopolitique
Les récents événements au Venezuela portent également l'empreinte de l'intervention étasunienne. Marco Rubio, surnommé le vice-roi de l'Amérique latine, aurait eu des échanges stratégiques avec elle. Cela soulève une question intrigante : Delcy Rodriguez est-elle simplement un pion dans un jeu de pouvoir plus vaste, ou manœuvre-t-elle pour ses propres intérêts ? Des rapports, tels que ceux de Le Monde, suggèrent qu'elle pourrait même être une source d'information pour la CIA.
Comme l'explique l'expert en géopolitique, Jean-Pierre Dubois, « la situation actuelle au Venezuela démontre la complexité du pouvoir. Rodriguez, en tant que figure clé, pourrait très bien naviguer entre des alliances improbables tout en sauvegardant sa propre agenda politique. »
Un parcours teinté d'héritage et d'ambition
Delcy Rodriguez, d'origine modeste, a grandi dans une atmosphère politique familiale. Son père, fondateur d'une organisation de gauche radicale, a été accusé de plusieurs crimes et est mort en prison, un événement qui l'a marquée à jamais. Après des études de droit à l'université de Caracas et des séjours à Paris et Londres, elle est rentrée au Venezuela pour rejoindre le gouvernement de Hugo Chavez. Son frère, Jorge Rodriguez, est aujourd'hui président de l'Assemblée nationale, renforçant les liens familiaux dans les sphères de pouvoir.
À chaque étape, elle s'est affirmée comme une actrice incontournable du régime, occupant divers postes ministériels jusqu’à présent. Aujourd'hui, sa présidence intérimaire pourrait lui conférer un pouvoir considérable ; peut-être même déterminer l'avenir du pays entre le chaos et la transition.
Avec son mandat intérimaire renouvelable, le 5 avril, Delcy Rodriguez pourrait continuer à jouer un rôle central dans le destin du Venezuela. Reste à voir si elle sera la tigresse du régime, ou si elle choisira de changer de pelage au gré des alliances.







