Les agriculteurs français continuent de se mobiliser, notamment à Lyon et Dijon, malgré les annonces du gouvernement visant à injecter 300 millions d'euros dans le secteur. Ces mesures, jugées insuffisantes, alimentent une colère latente qui s'est intensifiée depuis l'hiver 2023-2024. Les protestations expriment un besoin urgent de solutions durables, les agriculteurs étant de plus en plus sceptiques concernant les engagements officiels.
Le gouvernement, représenté par Annie Genevard et Sébastien Lecornu, a promis une loi d’urgence agricole avant l'été, mais les agriculteurs restent méfiants. Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, déclare : « Les belles promesses, on connaît, et rien n’arrive jusque dans les cours de ferme. » Cette phrase résume le sentiment général parmi les producteurs qui réclament des mesures concrètes. Si le Premier ministre a présenté un projet de loi pour aborder des questions liées à l'eau, à la prédation et aux moyens de production, les agriculteurs souhaitent également une vision à long terme pour secouer le secteur.
Le mécontentement s'est cristallisé autour des retards de mise en œuvre des décrets issus des lois précédentes. Alors que seuls deux décrets sur 25 de la loi d'orientation agricole ont été signés, la promesse de publication d’un décret clé concernant les agrandissements d’élevages d'ici à la fin du mois ne rassure pas. La Coordination rurale souligne l'urgence d'une « souveraineté alimentaire nationale » reconnue comme un enjeu majeur par le milieu agricole.
« Nous devons arracher des avancées significatives pour les paysans et les éleveurs », a déclaré un porte-parole de la Confédération paysanne, qui préconise l’instauration de prix minimums garantis. Cette mobilisation coïncide avec des crises structurelles, notamment des désastres climatiques et une concurrence jugée déloyale dans le cadre de traités commerciaux tels que celui de Mercosur.
Les agriculteurs n'oublient pas que, malgré leurs efforts, la recherche d'une agriculture vertueuse se heurte à une société qui achète souvent des produits étrangers sans le savoir. Dans cette atmosphère de mécontentement, la FNSEA s'apprête à présenter, en mars prochain, un rapport d'orientation pour faire de l'agriculture un sujet central lors de la prochaine présidentielle.
Alors que le monde agricole continue de se mobiliser pour revendiquer ses droits, la pression s'intensifie sur les députés européens qui doivent prochainement se prononcer sur la ratification du traité Mercosur, inscrivant ainsi la question agricole dans un débat plus large. La situation actuelle menée par un contexte géopolitique de plus en plus complexe mérite d'être suivie de près afin d'assurer un avenir meilleur pour l'agriculture en France.
Agriculture : la révolte s'intensifie malgré les promesses gouvernementales
Des agriculteurs en colère font entendre leur voix face à des promesses non tenues.







