Jérusalem (AFP) – La Cour suprême israélienne a temporairement suspendu, vendredi, les mesures qui menaçaient d'expulser les ONG humanitaires de Gaza et de Cisjordanie après qu'elles aient refusé de se plier aux exigences du gouvernement. Cette décision intervient alors que ces organisations luttent pour continuer leurs missions dans des territoires déjà fragilisés.
Sans se prononcer sur le fond, la Cour a gelé les nouvelles prescriptions qui, à partir du 1er mars, imposaient aux ONG de fournir une liste de leurs employés locaux pour rester actives dans la région. Cette mesure suscitait des préoccupations quant à la sécurité des opérations humanitaires.
Auparavant, Médecins sans frontières (MSF), parmi les ONG touchées, avait affirmé qu'elle maintiendrait son équipe locale en place « aussi longtemps que possible ». L'organisation a exprimé ses intentions de continuer à apporter une aide cruciale dans des conditions de plus en plus difficiles.
Les autorités israéliennes ont justifié le processus d'enregistrement en affirmant qu'il visait à éviter l'infiltration du Hamas dans les activités humanitaires. Des déclarations du ministère israélien de la Défense ont remis en question les motivations de celles qui refusent de se conformer, suggérant qu'elles pourraient avoir des choses à cacher.
Athena Rayburn, directrice d'AIDA, une coalition d'ONG, a exprimé son soulagement à l'égard de la décision judiciaire : "Nous espérons seulement que cette injonction aura un impact positif sur notre capacité opérationnelle dans les jours à venir." Elle a ajouté que, dans une situation catastrophique comme celle de Gaza, chaque jour d'entrave coûte des vies.
Un vent de changement
Yotam Ben-Hillel, avocat représentant les ONG devant la Cour, a noté que cette décision apporte une lueur d'espoir aux habitants de Gaza et de Cisjordanie, frisquant un répit tant désiré.
Afin de répondre aux obligations d'enregistrement, 37 organisations avaient reçu notification de l'expiration de leur licence, la condition préalable étant de soumettre la liste des employés palestiniens d'ici le 28 février.
L’ONU a également exprimé son inquiétude, appelant Israël à revoir sa position sur ces mesures qui affectent gravement l'aide humanitaire à Gaza, lourdement touchée par des conflits prolongés.
Soutien en péril
Craig Kenzie, coordinateur de MSF à Gaza, a signalé que bien que ses 28 employés étrangers aient quitté le territoire, l'interdiction d'ingérer des fournitures a aggravé la situation. Malgré les défis, il a déclaré que l'ONG continuerait à fonctionner grâce à ses 1.200 employés locaux fournissant des soins essentiels.
Des articles ont été récemment autorisés à entrer à Gaza, mais leur coût reste prohibitif pour une grande partie de la population. Comme l'affirme Kenzie, ces développements ne suffisent pas à résoudre la crise humanitaire persistante, et il est impératif de garantir un accès humanitaire durable et sans entrave.
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